Dans les montagnes du Sud-Kivu, Minembwe traverse une crise profonde sous l'effet d'un blocus militaire qui, selon Bertrand Bisimwa, vice-président du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), dure depuis " presque un mois ou plus ". Cette affirmation a été relayée lors d'une rencontre officielle le 3 novembre 2026 à Goma avec James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU et chef de la MONUSCO en République démocratique du Congo. Bisimwa décrit un isolement qui prive la population d'un approvisionnement régulier en nourriture et en médicaments, aggravant la crise humanitaire locale.
Les habitants se heurtent à une pénurie de vivres et de médicaments, tandis que les prix atteignent des niveaux sans précédent. Des membres de la diaspora Banyamulenge rapportent qu'un kilo de sel peut coûter jusqu'à 30 dollars américains, mais aucune source indépendante n'a pu confirmer ce tarif. Les commerçants qui tentent de ravitailler la zone empruntent des itinéraires risqués et éloignés, passant par Uvira, Bijombo ou Kamombo à pied, au péril de leur sécurité. L'hôpital local manque de moyens pour soigner malades et blessés. Les familles peinent à obtenir les produits de première nécessité.
Le FRN affirme que la reprise des combats sur plusieurs fronts du Sud-Kivu viole les engagements du processus de paix de Doha. Le mouvement accuse les Forces armées de la RDC (FARDC), la milice Wazalendo, l'armée burundaise et des mercenaires opérant avec les forces gouvernementales. Ces allégations proviennent du FRN et n'ont pas été vérifiées de façon indépendante par des observateurs extérieurs.
Isolement et accès humanitaire coupé
Une analyse institutionnelle publiée le 30 octobre 2026 par le Southern Resilience and Mediation Grand Lakes indique que les combats à Minembwe ont isolé la population banyamulenge et interrompu l'accès aux biens essentiels et à l'aide humanitaire. L'isolement découle directement de la concentration des affrontements, et ne relève pas d'un simple problème logistique ou commercial. Cette analyse souligne aussi le manque de vérification indépendante des faits militaires et humanitaires rapportés dans la zone.
Bombardements et coupure des communications
Les 2 et 3 novembre, des bombardements ont touché Minembwe, causant des morts et des blessés selon Bertrand Bisimwa, sans qu'aucun chiffre précis n'ait été communiqué. Il a aussi signalé que des habitants mouraient de faim et que des malades décédaient faute de médicaments. L'accès aux soins reste très limité pour les victimes. Le lendemain, Lawrence Kanyuka, porte-parole du FRN, a déclaré que des drones avaient frappé le centre de Minembwe. L'association Mahoro Peace a évoqué des attaques sur Madegu, Ilundu et Gakenke, attribuant l'utilisation de drones CH-4 aux forces gouvernementales. Ces informations n'ont pas été confirmées par des sources indépendantes.
Dans le même temps, une installation Starlink, qui permettait aux habitants de communiquer avec l'extérieur, a été détruite lors d'une attaque. Cette infrastructure avait été installée par des membres de la diaspora Banyamulenge pour maintenir le lien avec la région.
Un contexte de crise prolongée
Le blocus actuel fait suite à une première période d'encerclement commencée en octobre 2025. En juillet 2026, la prise de contrôle de Minembwe par les combattants Twirwaneho alliés à l'AFC/M23 avait permis un retour partiel des habitants. Mais la reprise des opérations militaires a ravivé la menace d'un nouveau siège. Dès septembre, des alertes faisaient état de préparatifs pour rétablir les restrictions autour des hauts plateaux.
La situation humanitaire reste critique. Un habitant cité par les médias congolais a reproché aux combattants Twirwaneho de ne pas garantir la sécurité des civils ni de faciliter l'aide humanitaire. Il a demandé la démilitarisation de la zone, la présence d'une force neutre pour protéger la population et l'ouverture de corridors pour l'acheminement des vivres et des médicaments ainsi que pour les évacuations sanitaires.
Le FRN a aussi contesté le renouvellement du mandat de la MONUSCO, estimant que son action dans le pays représente un " échec total ". Cette position a été exprimée lors de la rencontre du 3 novembre 2026 à Goma entre Joseph Kabila, président du FRN, et James Swan, chef de la MONUSCO. Aucun texte officiel du Conseil de sécurité de l'ONU n'établit cependant de lien juridique entre le mandat de la MONUSCO et le blocus de Minembwe.
Pour étudier davantage les enjeux liés à l'accès aux infrastructures essentielles dans la région, un article précédent aborde les difficultés de l'interopérabilité numérique sur le continent.