Le 12 octobre 2026, Joseph Kabila a pris la parole à Goma, alors sous contrôle du M23, pour annoncer la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une coalition politico-militaire qui regroupe le M23 et son aile politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Africa Confidential analyse que le FRN vise à renverser le président Félix Tshisekedi, transformant l’insurrection de l’est en projet national de prise de pouvoir. Cette initiative s’inscrit dans un climat de tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où Kinshasa accuse le M23 de recevoir un appui du Rwanda, accusation que Kigali rejette.
Le 27 octobre 2026, Lawrence Kanyuka, porte-parole du FRN, a annoncé que le général François Kamanzi, ancien commandant des opérations de la 12e région militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) à Kongo Central, avait rejoint la branche militaire du mouvement, les Lions de Sarambwe, intégrés à l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC). Kanyuka a aussi évoqué la défection de deux autres officiers des FARDC, sans dévoiler leurs noms. Les autorités congolaises n’avaient pas confirmé publiquement le départ de Kamanzi à la date de l’annonce, qui intervient alors que l’armée congolaise et le FRN s’affrontent à Luola et sur la colline stratégique de Tchad, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu.
La déclaration du FRN accuse le gouvernement de Kinshasa de cibler délibérément les civils, mais aucune preuve indépendante n’a été produite pour aider ces accusations. De son côté, le président Félix Tshisekedi a publiquement qualifié Joseph Kabila de « supplétif » du président rwandais Paul Kagame, contestant la légitimité du FRN et mettant en avant la polarisation politique autour de cette nouvelle coalition rebelle.
Un parcours militaire au cœur des conflits congolais
Originaire de Katsiru, près de Mweso dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), François Kamanzi a été présenté par le FRN comme un officier expérimenté ayant occupé des postes de commandement et de renseignement dans le Nord-Kivu. Son parcours reflète la complexité des alliances militaires dans la région, marquée par la succession de rébellions et de recompositions au sein des forces armées congolaises.
Réorganisation des forces et dynamique politique
Le ralliement de Kamanzi intervient deux semaines après la prise de direction du FRN par Joseph Kabila, aux côtés de figures comme Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et le général Sultani Makenga. Cette évolution cherche à donner au mouvement une portée nationale et une crédibilité militaire renforcée, alors que le FRN tente d’élargir sa base au-delà de ses bastions habituels.
Le 21 octobre 2026, un Regroupement des notables nationaux, composé de députés nationaux et provinciaux, de responsables d’établissements publics et privés et d’acteurs de la société civile, a affiché son aide au FRN et à Joseph Kabila lors d’une déclaration à Goma. Ce aide politique a été suivi, le 23 octobre, par une prise de position de la Fédération nationale des jeunes entrepreneurs du Congo (FNJEC), qui a lié son appui à la dégradation du pouvoir d’achat, à la dépréciation de la monnaie nationale et à l’insécurité persistante dans l’est du pays.
Malgré ces ralliements, la principale coalition de l’opposition congolaise a pris ses distances avec le FRN, condamnant toute prise de pouvoir par la force dans une déclaration relayée par l’Agence France-Presse le 27 octobre 2026. Cette position met en avant l’isolement relatif du projet de conquête du pouvoir par la force et la distinction entre opposition politique et aide à une insurrection armée.
La situation militaire reste tendue, avec la reprise des affrontements à Luola et sur la colline de Tchad, considérée comme stratégique dans le territoire de Walikale. Aucun bilan chiffré fiable des victimes ou des déplacements n’a été communiqué à ce stade. Le ralliement du général Kamanzi intervient dans une phase de forte instabilité, où la recomposition des alliances militaires et politiques pourrait peser sur l’évolution du conflit en RDC.
Pour étudier davantage la chronologie et les enjeux de cette crise, l’analyse d’Africa Confidential du 22 octobre 2026 propose un éclairage détaillé sur la stratégie du FRN et la réaction des autorités congolaises Africa Confidential. Les développements récents sont aussi suivis par des médias de référence comme La Libre Belgique.