Le 23 octobre 2026, Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, accueille un essai clinique pivot de phase 2/3 pour évaluer l’efficacité de vaccins contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce lancement intervient alors que le pays fait face à la plus grave épidémie d’Ebola recensée sur son territoire, officiellement déclarée à la mi-mai 2026. Les chiffres de l’OMS, arrêtés au 20 octobre 2026, font état de 9 704 cas confirmés, 4 687 décès et 2 595 guérisons, soit un taux de létalité de 48,3 %. Les cas se répartissent dans 66 zones de santé sur huit provinces, l’Ituri concentrant près de 73 % des cas cumulés d’après le ministère congolais de la Santé.
L’essai Tumaini (« espoir » en swahili) adopte une plateforme adaptative pour évaluer plusieurs candidats vaccinaux dans un structure unique, ce qui accélère la collecte de données en contexte épidémique. La stratégie de vaccination en anneau cible les contacts et les personnes à haut risque d’infection. Le protocole inclut aussi les femmes enceintes et les adolescents d’au moins 12 ans, des groupes souvent peu représentés dans les essais vaccinaux.
Le vaccin Ervebo, déjà homologué pour prévenir la maladie à virus Ebola causée par la souche Zaïre, est administré dans le structure de Tumaini pour vérifier s’il protège aussi contre la variante Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement n’a encore reçu d’approbation. L’OMS et l’Institut de médecine tropicale d’Anvers précisent que l’objectif immédiat consiste à recueillir des données de sécurité, d’immunogénicité et d’efficacité directement auprès de la population exposée.
Deux autres candidats, spécifiquement développés contre le virus Bundibugyo, doivent rejoindre la plateforme après la fin de leurs études cliniques préliminaires : un vaccin à vecteur adénoviral ChAdOx1 conçu par l’Université d’Oxford avec le Serum Institute of India, et un vaccin à ARN messager développé par Moderna. Ces programmes reçoivent le aide financier de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI). Leur intégration à l’essai Tumaini suivra la disponibilité des premières données de sécurité, comme l’indique la CEPI.
Le lancement de Tumaini intervient alors que les capacités de surveillance, d’isolement et de vaccination subissent une pression accrue, l’épidémie ayant gagné huit provinces, dont le Nord-Ubangi au nord-ouest du pays. L’OMS fournit un appui technique, scientifique et opérationnel à l’essai, en coordination avec le gouvernement congolais et ses partenaires internationaux. Les prochaines étapes consistent à poursuivre la vaccination en anneau, à recueillir les données de sécurité et d’efficacité, puis à intégrer les deux candidats spécifiques au Bundibugyo virus dès que possible.
Aucune autorisation finale de vaccin contre la souche Bundibugyo n’a encore été délivrée. L’essai Tumaini vise à combler une lacune thérapeutique importante et à consolider la capacité de réponse lors de futures flambées épidémiques en Afrique centrale. Pour plus d’informations sur la situation épidémiologique et la riposte, consulter le bulletin de l’OMS et le rapport ministériel publié sur ReliefWeb.