En République démocratique du Congo, plus de 120 professionnels de santé ougandais travaillent dans trois centres de traitement Ebola, qui offrent ensemble 240 lits, selon le ministre ougandais de la Santé, Dr Chris Baryomunsi. Cette opération vise à contrôler la circulation du virus à la frontière, alors que l’épidémie en RDC reste la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Les équipes ougandaises interviennent à Aru, Kasenyi/Tchomia et Butembo, en lien avec les autorités sanitaires congolaises, pour rapprocher le diagnostic et les soins des foyers d’infection et limiter les transferts de patients vers l’Ouganda ainsi que les risques de transmission aux points de passage.
À Aru, une première unité d’isolement de 10 lits a été portée à 29, puis remplacée par une structure de 80 lits. À Kasenyi/Tchomia, la mise en place de services de laboratoire et de traitement sur place a évité des transferts de patients sur 60 kilomètres vers Bunia. Le centre de Butembo, doté de 80 lits extensibles à 120, accueille des enfants, des femmes enceintes et des cas graves. Ensemble, les trois unités peuvent réaliser jusqu’à 2 200 tests par jour grâce à l’arrivée de laboratoires mobiles et de services de laboratoire proches des patients, ce qui a réduit le délai de diagnostic de plusieurs jours à quelques heures, selon le ministère ougandais de la Santé.
Effets mesurés et coopération régionale
Les données transmises par Kampala font état de 127 patients confirmés pris en charge dans les trois centres : 58 à Aru, 40 à Kasenyi et 44 à Butembo. Les taux de létalité observés dans ces structures restent nettement inférieurs à la moyenne nationale congolaise : 17,7 % à Aru, 15 % à Kasenyi et 15,9 % à Butembo, contre 48,2 % au niveau national, selon les chiffres officiels. Le ministère précise que ces différences peuvent s’expliquer par la gravité des cas, le moment de l’admission et l’accès rapide aux soins. À Kasenyi/Tchomia, près de la moitié des cas confirmés auraient été détectés lors de consultations externes, sur plus de 950 passages, ce qui met en avant le rôle du dépistage ambulatoire et de la présence locale de laboratoires pour identifier rapidement les cas.
En parallèle, 748 agents de santé congolais ont reçu une formation dans 150 structures publiques et privées à la prévention, au tri et à la prise en charge clinique. Cette démarche vise à consolider la capacité du système de santé local, sans concentrer toute la réponse dans les unités soutenues par l’Ouganda. Un quatrième centre devait ouvrir à Bulongo la semaine suivant le point ministériel du 25 octobre 2026, pour desservir notamment Kasindi et limiter les mouvements de patients vers l’Ouganda. Ce dispositif s’inscrit dans une logique de réseau évolutif, avec ajout de capacité dans les zones où les flux de patients franchissent régulièrement la frontière.
Enjeux transfrontaliers et réponse sanitaire
L’Ouganda a renforcé ses contrôles sanitaires à l’aéroport d’Entebbe, aux frontières terrestres et sur les axes routiers. Tous les voyageurs entrants, y compris diplomates et personnels onusiens, passent par un dépistage et remplissent un formulaire de localisation. Le ministère ougandais de la Santé a instauré une quarantaine obligatoire de 21 jours pour les citoyens revenant de RDC, durée correspondant à la période maximale d’incubation généralement retenue dans la surveillance Ebola, afin d’empêcher l’introduction du virus sur le territoire ougandais. Le ministère a également indiqué qu’aucun cas confirmé actif n’avait été enregistré en Ouganda dans le contexte décrit.
Au-delà de la RDC, l’Ouganda a signé un protocole avec le Soudan du Sud, envoyé des équipes techniques en Centrafrique et renforcé la coopération avec le Rwanda. Le ministre Baryomunsi appelle à un investissement international accru dans les laboratoires, les centres de traitement et les équipes d’urgence, soulignant que la sécurité sanitaire du pays reste exposée tant que la transmission persiste chez ses voisins. Il insiste sur la nécessité de maintenir la vaccination de routine et les soins maternels dans les zones touchées. À noter, la question de l’interopérabilité des infrastructures sanitaires et numériques en Afrique centrale a été récemment évoquée dans la région.
Les informations officielles et les chiffres cités dans cet article proviennent des communiqués du ministère ougandais de la Santé et de rapports relayés par des médias de référence tels que la BBC.