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Le commerce entre le Cameroun et le Royaume-Uni chute malgré une mission économique prévue à Londres

Le commerce entre le Cameroun et le Royaume-Uni chute malgré une mission économique prévue à Londres Afrique-Asie © afrique-asie.com
Le commerce entre le Cameroun et le Royaume-Uni chute malgré une mission économique prévue à Londres © afrique-asie.com
Les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Royaume-Uni ont reculé de 32 % sur un an, alors que les deux pays préparent une mission d'investissement à Londres pour consolider leurs partenariats industriels et financiers.

Les chiffres officiels britanniques publiés le 31 juillet confirment une baisse de 32 % des échanges commerciaux entre le Cameroun et le Royaume-Uni sur douze mois. Le volume des transactions atteint désormais 242 millions de livres sterling, soit environ 185 milliards de francs CFA, pour la période se terminant en mars 2026. Cette contraction intervient alors que les deux pays prévoient une mission économique à Londres.

La diminution des importations britanniques de produits camerounais, en particulier le pétrole brut (-67,4 % à 37,2 millions de livres) et le bois et liège (-18,1 % à 20,9 millions de livres), a pesé sur la balance commerciale. Les exportations britanniques vers le Cameroun reculent aussi de 23,7 %, pour s'établir à 87 millions de livres. Seul le secteur des fruits et légumes progresse nettement, avec une hausse de 37 % des importations britanniques, à 22,8 millions de livres.

Un cadre juridique post-Brexit et des ambitions renouvelées

L'Accord de partenariat économique (APE), signé en mars 2021 et formalisé par l'échange des instruments juridiques le 9 juillet 2021 à Yaoundé, structure les relations commerciales entre le Cameroun et le Royaume-Uni. Cet accord vise à éviter une rupture des préférences commerciales après le Brexit et garantit un accès sans droits de douane ni quotas pour les marchandises camerounaises éligibles, notamment les bananes, l'huile de palme, le lait, le café, le cacao, le bois et les céréales. Le haut-commissaire britannique Christian Dennys-McClure a souligné que cet échange de documents marque l'aboutissement légal de l'accord et ouvre la voie à un élargissement des relations économiques. Cependant, ce dispositif préférentiel ne suffit pas à lui seul à accroître les volumes ou à diversifier les exportations camerounaises, comme l'a rappelé le ministère des Relations extérieures du Cameroun.

Préparatifs d'une mission économique à Londres

Dans ce contexte, le ministère camerounais du Commerce a confirmé, lors d'une rencontre à Yaoundé le 2 novembre entre Luc Magloire Mbarga Atangana et le haut-commissaire britannique Matthew David Woods, la tenue d'une mission de cinq jours à Londres du 30 novembre au 4 décembre 2026. Cette délégation réunira des représentants de l'administration, d'entreprises publiques et privées, d'associations professionnelles et de groupes d'intérêt économique, tous en quête de partenaires britanniques pour des projets dans la finance, la technologie, l'expertise technique et l'industrie.

La mission traduit la volonté camerounaise de réorienter la relation bilatérale vers l'investissement, la transformation locale et les partenariats industriels, plutôt que de s'appuyer principalement sur les flux de produits bruts. Les secteurs visés pour de futurs partenariats incluent l'énergie, les infrastructures, l'agriculture, l'agro-industrie, les biens de consommation et la transformation manufacturière, selon le ministère. Aucun engagement financier précis n'a été annoncé à l'issue de la réunion du 2 novembre. Le succès de la mission dépendra de la capacité des porteurs de projets camerounais à présenter des dossiers techniquement aboutis et compatibles avec les exigences britanniques en matière de financement, de gouvernance et de conformité.

Investissements, chaînes d'approvisionnement et développement pérenne

Le commerce bilatéral s'inscrit dans le cadre de l'Accord de partenariat économique signé en mars 2021 et appliqué depuis juillet de la même année. Ce texte prévoit un accès sans droits de douane ni quotas pour les exportations camerounaises éligibles vers le marché britannique, tandis que le Cameroun réduit progressivement ses tarifs sur certains produits britanniques. Malgré la baisse des échanges, le stock d'investissements directs britanniques au Cameroun atteint 98 millions de livres (environ 75 milliards de francs CFA) fin 2024, soit une progression de 10,1 % sur un an.

La coopération économique bilatérale comprend aussi des initiatives pour améliorer la durabilité du commerce forestier, secteur explicitement inclus dans l'accord. Fin octobre 2026, la représentation britannique à Yaoundé a accueilli une délégation d'experts des forêts et des chaînes d'approvisionnement, avec un accent particulier sur la traçabilité et la gestion pérenne. L'entreprise Ecotrading, soutenue par le programme Partnerships for Forests, collabore avec des communautés Baka dans le Sud-Cameroun pour concilier conservation des forêts, commerce légal et amélioration des revenus locaux. Cette orientation répond aux exigences croissantes de conformité environnementale sur le marché britannique et européen, comme l'a souligné la British High Commission à Yaoundé.

Par ailleurs, la UK-Cameroon Chamber of Commerce, par la voix de son directeur exécutif Henry Kiven, encourage la transformation des corridors commerciaux en possibilités d'emplois et d'investissements, plaidant pour une coopération renforcée entre secteurs public et privé et une amélioration des infrastructures logistiques. Ces priorités visent à lever les obstacles structurels qui freinent la compétitivité camerounaise à l'export.

Pour mémoire, d'autres initiatives récentes ont visé à aider l'investissement local, comme l'a rapporté précédemment.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.