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Des entreprises turques et camerounaises discutent de nouveaux axes de coopération à Istanbul

Des entreprises turques et camerounaises discutent de nouveaux axes de coopération à Istanbul Afrique-Asie © afrique-asie.com
Des entreprises turques et camerounaises discutent de nouveaux axes de coopération à Istanbul © afrique-asie.com
Des représentants économiques du Cameroun et de la Turquie se sont réunis à Istanbul pour identifier des possibilités de collaboration dans des secteurs clés, selon le ministre turc du Commerce.

À Istanbul, des responsables économiques du Cameroun et de la Turquie ont exploré de nouvelles pistes de coopération dans plusieurs secteurs, sous l'impulsion du ministre turc du Commerce, Ömer Bolat. La rencontre, organisée au siège de la Türkiye İhracatçılar Meclisi (TİM), a rassemblé le ministre camerounais de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, ainsi que des représentants d'entreprises des deux pays.

Les chiffres présentés par Ömer Bolat lors de cette réunion montrent que le volume du commerce bilatéral entre la Turquie et le Cameroun a atteint 542 millions de dollars sur l'année écoulée, franchissant pour la première fois le seuil du demi-milliard de dollars. Ce montant, rapporté par le ministère turc du Commerce, marque une progression notable des échanges. Le ministre camerounais Alamine Ousmane Mey a toutefois précisé que ce niveau ne reflète pas encore le potentiel réel des deux économies et pourrait être significativement augmenté.

La coopération économique entre les deux pays s'appuie déjà sur une présence active d'entreprises turques au Cameroun, notamment dans le secteur de la construction. Selon Ömer Bolat, 28 projets de construction ont été réalisés par des sociétés turques sur le territoire camerounais, pour une valeur cumulée de 1,17 milliard de dollars. Cette implication dans les infrastructures reste l'un des principaux axes de la relation bilatérale, dépassant le simple échange de marchandises.

Des échanges pour consolider les liens économiques

Le ministre turc a indiqué que les deux pays souhaitent maintenir une coopération étroite afin de consolider leurs relations commerciales et économiques sur la base de l'intérêt mutuel. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte où le Cameroun multiplie les initiatives pour diversifier ses partenariats, comme le montre un précédent rapprochement industriel avec la Tunisie.

Les discussions à Istanbul ont porté sur des secteurs jugés prioritaires pour l'économie camerounaise, tels que les infrastructures, l'agriculture, l'énergie, les mines, l'industrie agroalimentaire et le tourisme. La Turquie cherche à positionner ses entreprises sur ces marchés, profitant de la position géographique stratégique du Cameroun et de son appartenance à des communautés économiques régionales. Les responsables turcs considèrent le Cameroun comme une porte d'accès vers des chaînes régionales de valeur et des ressources naturelles et minières importantes.

Les participants ont aussi abordé les projets et attentes des milieux d'affaires, sans qu'aucun accord spécifique ne soit annoncé à l'issue de la réunion. Cependant, un engagement politique a été pris pour négocier et signer rapidement une convention visant à éviter la double imposition entre la Turquie et le Cameroun, ce qui pourrait réduire l'incertitude fiscale pour les entreprises opérant dans les deux pays. À ce stade, il s'agit d'un accord de principe pour engager les négociations, sans calendrier officiel de ratification communiqué.

Le ministre camerounais Alamine Ousmane Mey a exprimé l'ambition de voir le volume des échanges bilatéraux doubler ou tripler dans les prochaines années, en citant l'agriculture, l'énergie, les services et la santé comme des secteurs à fort potentiel de développement. Cette ambition reste pour l'instant une cible politique, sans engagement contractuel ni financement identifié.

La réunion a ainsi été présentée comme un instrument de maintien du dialogue économique et de consolidation des relations commerciales sur la base de l'intérêt mutuel. Aucun effet immédiat sur les marchés financiers ou sur les prix des matières premières n'a été signalé. L'impact principal demeure diplomatique et prospectif, avec la définition de secteurs prioritaires et la préparation de futures négociations fiscales et commerciales, comme l'a rappelé le ministère turc du Commerce.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.