Afrique, Asie - informer, analyser, comprendre

Le Cameroun mise sur de nouveaux partenariats agricoles pour relancer la filière porcine

Le Cameroun mise sur de nouveaux partenariats agricoles pour relancer la filière porcine Afrique-Asie © afrique-asie.com
Le Cameroun mise sur de nouveaux partenariats agricoles pour relancer la filière porcine © afrique-asie.com
Face à la chute de la production de viande et à la hausse des importations alimentaires, le Cameroun engage des accords pour moderniser l’élevage porcin et consolider la mécanisation agricole.

Deux accords signés par la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts (CAPEF) ouvrent une nouvelle phase dans la stratégie du Cameroun pour contrer la baisse de la production de viande et la dépendance aux importations alimentaires. Ces partenariats, officialisés le 26 octobre 2026 au siège de la CAPEF sous la présidence de Paul Martin Mindjos Momeny, ciblent la modernisation de la filière porcine et l’progrès de la mécanisation agricole.

En 2025, la production nationale de viande a reculé, passant de 235 960 tonnes en 2024 à 172 910 tonnes, selon les chiffres présentés par le Premier ministre Joseph Dion Ngute devant l’Assemblée nationale en novembre 2025. La filière porcine a particulièrement souffert, avec une production tombée de 39 676 à 27 914 tonnes, soit une baisse d’environ 29,6 % en un an. Ces données montrent la gravité de la situation pour le secteur, sans ventilation détaillée par régions, catégories d’éleveurs ou causes sanitaires à ce stade. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette chute : coût de l’alimentation animale, maladies, pertes de cheptel ou difficultés d’accès au financement. Aucun n’a été identifié comme cause principale par les autorités compétentes.

Dans ce contexte, l’accord entre la CAPEF et l’Organisation Interprofessionnelle des Éleveurs de Porcs du Cameroun (INTERPORCAM) prévoit une coopération renforcée pour accroître la production porcine et structurer le secteur, notamment par une meilleure coordination entre éleveurs et transformateurs. Aucun objectif chiffré de production, calendrier d’exécution, budget ou mécanisme de financement n’a été communiqué lors de la signature. Ce partenariat s’inscrit donc comme un structure de coopération institutionnelle, sans programme opérationnel assorti d’indicateurs précis.

Modernisation de l’agriculture et aide aux femmes productrices

Le second accord, signé avec le Projet de Développement des Chaînes de Valeur Agricoles (PDCVA), le Centre National d’Études et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA) et le Collectif des Femmes pour le Développement Durable en Afrique (COFEDD-Afrique), vise l’progrès de la mécanisation, la création de pôles de production et l’appui aux entreprises agricoles dirigées par des femmes. La CAPEF a sollicité l’expertise technique du CENEEMA, notamment sur la mécanisation et les semences, pour consolider les capacités productives locales. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation des chaînes de valeur agricoles, associant mécanisation, organisation territoriale et inclusion économique des femmes rurales.

La dynamique de ces accords s’inscrit dans un environnement où la dépendance du Cameroun aux importations alimentaires s’accentue. Le recul de la production nationale de viande et la progression des achats extérieurs de produits agricoles soulignent l’urgence d’une modernisation du secteur. Les autorités sectorielles, telles que la CAPEF et le ministère de l’Élevage, se mobilisent pour structurer la réponse institutionnelle, même si les résultats disponibles ne détaillent pas l’évolution des importations de porc, de viande congelée ou d’aliments pour bétail.

La réussite de ces accords dépendra de la mobilisation des ressources techniques et financières, ainsi que de l’implication des partenaires institutionnels et économiques. Aucun calendrier précis, montant de financement ou liste de sites pilotes n’a été communiqué pour la mise en œuvre des initiatives prévues. Les conventions signées le 26 octobre 2026 constituent ainsi un structure de coopération, dont la portée opérationnelle reste à préciser par les parties prenantes.

Dans le prolongement de cette dynamique de coopération, le Cameroun a aussi cherché à diversifier ses partenariats industriels, comme l’a rapporté récemment.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.