Au début de 2026, le secteur des services a dynamisé l'économie camerounaise, alors que l'investissement public reculait de 27,7 % sur la période. Les comptes nationaux trimestriels publiés le 5 novembre 2026 par l'Institut national de la statistique (INS) font état d'une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,6 % par rapport au trimestre précédent, après une période de stagnation fin 2025. Ce taux de 1,6 % correspond à la donnée officielle transmise par l'INS pour le premier trimestre 2026.
La progression trimestrielle, corrigée des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrés, provient de la publication institutionnelle de l'INS datée du 5 novembre 2026. Sur douze mois, le PIB réel a augmenté de 3,4 %, contre 2,9 % au quatrième trimestre 2025, selon les informations de l'Institut national de la statistique du Cameroun.
Les services et la consommation privée en tête
Les services ont apporté 1,1 point à la croissance globale, avec une hausse de 2,2 % de la valeur ajoutée du secteur. Les transports ont progressé de 7,4 %, suivis par les services financiers (+4,3 %) et l'administration publique (+2,3 %). Les secteurs primaire et secondaire ont aussi enregistré des hausses, respectivement de 1,3 % et 0,9 %.
Du côté de la demande, la consommation des ménages a augmenté de 2,6 %, contribuant à hauteur de 1,9 point à la croissance trimestrielle. La consommation publique a bondi de 11 %, et l'investissement privé a progressé de 6,4 %. À l'opposé, l'investissement public a reculé de 27,7 %.
Investissement privé en hausse, commerce extérieur déséquilibré
Sur douze mois, l'écart entre investissement privé et public s'est creusé : le premier a progressé de 12,3 %, le second a reculé de 15,9 %. Selon l'INS, l'investissement privé a apporté 2 points à la croissance annuelle, tandis que l'investissement public a retranché 0,5 point.
Les échanges extérieurs ont accentué le déséquilibre : les importations de biens et services ont augmenté de 10,2 % par rapport au trimestre précédent, contre 0,6 % pour les exportations. Sur un an, les importations ont bondi de 22,8 %, alors que les exportations n'ont progressé que de 3,8 %. Le déficit commercial en biens et services atteint 5,7 % du PIB au premier trimestre.
Dans le secteur extractif, la valeur ajoutée de l'extraction pétrolière et gazière a reculé de 9,3 % sur un an, tandis que les exportations de pétrole brut ont diminué de 12,4 % en volume par rapport au trimestre précédent.
Publication tardive et évolution des prix
Les résultats du premier trimestre n'ont été publiés sur le site de l'INS que le 5 novembre, soit plus de sept mois après la période concernée, alors que le rapport daté de septembre 2026 rappelle que la publication devrait intervenir dans les 90 jours suivant la fin du trimestre. Il n'est pas précisé si le document avait circulé plus tôt par un autre canal.
En parallèle, l'Institut national de la statistique du Cameroun a diffusé le 3 novembre 2026 une note sur l'évolution des prix à la production industrielle, signalant une hausse de 2,4 % au deuxième trimestre 2026. Cette progression s'explique notamment par la fermeté des cours internationaux du pétrole brut et des ressources minières, qui se répercute sur les prix appliqués par les producteurs nationaux. Les prix à la production manufacturière sont restés quasiment stables (+0,1 %).
Ces données portent sur des périodes différentes et ne permettent pas de conclure que l'inflation a annulé la croissance réelle enregistrée au premier trimestre.
La question de l'investissement public reste posée, alors que la circulaire présidentielle du 12 octobre, destinée à préparer le budget 2027, prévoit une croissance économique de 3,6 % et réserve au moins 30 % du budget général aux dépenses d'investissement. Cette orientation intervient après la baisse constatée en début d'année, sans qu'il soit encore possible d'évaluer l'exécution réelle du budget prévu pour 2027.
Pour mémoire, le dynamisme du secteur privé et les enjeux d'investissement avaient déjà été évoqués lors du sommet CITS 2026 à Yaoundé, comme signalé précédemment.
Les informations officielles sur la croissance du PIB et l'évolution des prix à la production sont disponibles auprès de l'Institut national de la statistique du Cameroun, qui reste l'autorité compétente pour la publication des comptes nationaux trimestriels et des indicateurs macroéconomiques.