Le gouvernement ivoirien compte injecter 5,9 millions de dollars pour intensifier la lutte contre les mouches des fruits et consolider la traçabilité des mangues, misant sur une reprise des exportations vers l'Union européenne à partir de la saison 2027. Cette décision intervient après l'arrêt des expéditions ivoiriennes en 2026, conséquence de la découverte de lots infestés lors de contrôles européens.
Le plan d'action prévoit le déploiement aussi de trois millions de pièges à mouches dans neuf régions productrices et un contrôle accru des expéditions. La Délégation de l'Union européenne en Côte d'Ivoire rappelle que l'Union européenne reste le premier partenaire commercial du pays, ce qui place le marché européen au centre des priorités des exportateurs ivoiriens. Cependant, la part de 66 % des recettes d'exportation de mangues attribuée à l'Europe provient d'estimations sectorielles, sans confirmation par une ventilation officielle des douanes européennes ou ivoiriennes.
En 2026, la valeur totale des importations agroalimentaires européennes en provenance de Côte d'Ivoire a reculé de 1,4 milliard d'euros, soit une baisse de 22 % selon la Commission européenne. Ce recul s'explique surtout par la chute des prix du cacao, produit phare du pays, et ne permet pas d'isoler l'effet précis de la suspension des exportations de mangues.
Conditions et conséquences pour le secteur
Les nouvelles mesures doivent être appliquées avant la prochaine floraison des manguiers. La reprise des exportations dépendra de l'évaluation par les autorités européennes des garanties phytosanitaires apportées par la Côte d'Ivoire. Les textes réglementaires européens, comme le règlement (UE) 2021/405, encadrent l'accès au marché par catégories de produits et exigences sanitaires, sans mentionner explicitement une suspension ou une reprise automatique pour les mangues ivoiriennes. Un règlement délégué adopté par la Commission européenne en juillet 2026 (UE 2026/2408) vise surtout les produits d'origine animale et ne concerne pas directement les fruits frais comme la mangue.
Pour le Brésil, le retour de la Côte d'Ivoire sur le marché européen signifierait la réapparition d'un concurrent de poids, notamment pour la variété Palmer, même si les saisons d'exportation des deux pays ne coïncident pas complètement. Les autorités ivoiriennes ont aussi renforcé les contrôles de conformité avant embarquement pour les produits alimentaires, fruits et légumes, conformément aux décrets n° 2016-1152 et n° 2020-389, une obligation depuis le 1er juillet 2026 selon Bretagne Commerce International. Cette démarche vise à garantir la qualité des expéditions, mais ne garantit pas à elle seule l'acceptation par l'Union européenne.
L'enjeu économique reste déterminant pour la filière mangue ivoirienne, qui dépend de l'accès au marché européen. La reprise des exportations en 2027 reste conditionnée à la validation des dispositifs phytosanitaires par les autorités compétentes de l'Union européenne.