Les pêcheurs ont retrouvé l'accès aux nasses et filets maillants sur les lacs de Kossou, Buyo, Taabo et Soubré en Côte d'Ivoire depuis le 1er novembre 2026 à 00h01. Cette décision fait suite à deux mois de repos biologique sélectif, du 1er septembre au 31 octobre 2026, imposés par le ministère des Ressources animales et halieutiques pour permettre la reconstitution des ressources halieutiques et soutenir une exploitation pérenne des eaux continentales. L'Agence ivoirienne de presse (AIP) souligne que cette mesure s'intègre dans la politique nationale qui vise à limiter la dépendance du pays aux importations de protéines animales et halieutiques.
La suspension de l'usage des nasses et filets maillants, restreinte à ces quatre grands lacs, a été officialisée par une note circulaire du ministère, signée par le directeur de cabinet Assoumany Gouromenan et diffusée le 3 novembre 2026. Ce texte autorise explicitement la reprise de ces engins de pêche à partir du 1er novembre à 00h01, tout en rappelant que les autres règles encadrant la pêche restent en vigueur. Les services déconcentrés, les communautés de pêcheurs et les organisations professionnelles ont reçu pour mission de relayer les consignes et de contrôler leur application sur le terrain.
Objectifs de production et mobilisation des acteurs
Le ministre Sidi Tiémoko Touré a salué l'engagement des pêcheurs, des organisations professionnelles, des autorités administratives et coutumières ainsi que des services techniques pendant la période de restriction. Cette démarche s'inscrit dans la Politique nationale de développement de l'élevage, de la pêche et de l'aquaculture (PONADEPA 2026-2030), qui vise à faire passer la couverture des besoins nationaux en protéines animales et halieutiques de 36 % à 75 % d'ici 2030. Les objectifs affichés incluent une production de 149 000 tonnes de poissons issus de l'aquaculture et 120 000 tonnes de produits de la pêche, la création de 1,5 million d'emplois et le doublement de la part du secteur dans le PIB agricole, selon les autorités ivoiriennes.
Le ministère rattache cette stratégie à la volonté de transformer la filière et de consolider l'offre intérieure. Les chiffres officiels indiquent que la production aquacole nationale est passée de 6 300 à 12 895 tonnes, la production de viandes et d'abats a progressé de 27,4 % pour atteindre 231 658 tonnes, et celle d'œufs de consommation a augmenté de 52,8 %. La réouverture des lacs de Kossou, Buyo, Taabo et Soubré s'inscrit dans une dynamique de développement du secteur halieutique et de souveraineté alimentaire.
Au 3 novembre 2026, la reprise des activités de pêche était effective depuis trois jours sur les quatre lacs concernés. Les responsables des communautés de pêcheurs et les organisations professionnelles ont reçu la charge de veiller à l'application locale des règles et au suivi de la conformité après la fin du repos biologique. Aucune contestation publique ni opposition formelle n'a été signalée à ce stade, selon l'AIP. La prochaine étape annoncée concerne le contrôle du respect des dispositions réglementaires et l'évaluation de l'impact de cette mesure sur la durabilité des ressources halieutiques.
Cette gestion sélective des ressources s'inscrit dans la vision du gouvernement ivoirien de transformation du secteur, comme l'a rappelé le ministre Sidi Tiémoko Touré lors d'une intervention relayée par la presse nationale. Pour plus d'informations sur la politique ivoirienne de développement de la pêche et de l'aquaculture, il est possible de consulter le communiqué de l'AIP ou l'analyse de la PONADEPA 2026-2030.