Le Groupe d’action financière (GAFI) met à jour la liste des juridictions sous surveillance renforcée à la suite de ses sessions plénières, organisées le plus souvent à Paris. L’ajout ou le retrait d’un pays de cette liste, appelée « liste grise », fait l’objet d’une déclaration officielle qui détaille les mesures adoptées et les engagements restants. À ce jour, aucune déclaration institutionnelle du GAFI ne signale de changement concernant le statut de la Côte d’Ivoire à la date du 30 octobre 2026.
La Côte d’Ivoire a bénéficié de l’appui du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) pour consolider son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les évaluations mutuelles et les rapports de suivi du GIABA servent de références principales pour apprécier les avancées des États membres de la région.
Le GAFI évalue notamment la supervision des institutions financières et l’accès à l’information sur les bénéficiaires effectifs des sociétés, ainsi que l’utilisation du renseignement financier par les autorités compétentes. Avant de retirer un pays de la liste grise, le GAFI procède généralement à une évaluation sur place pour vérifier la mise en œuvre effective et pérenne des réformes, en accord avec les standards internationaux. Dans ses communications officielles, le GAFI précise que la sortie d’une juridiction de la liste grise intervient après validation de l’ensemble du plan d’action convenu avec le pays concerné.
Un processus institutionnel encadré
Le retrait d’un pays de la liste grise du GAFI suit un processus institutionnel qui passe par la publication d’un communiqué officiel à l’issue d’une session plénière. Ce processus repose sur des rapports détaillés, des visites d’évaluation et la validation des réformes par les experts du GAFI. Les autorités nationales, comme la Commission nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (CENTIF-CI), assurent la coordination des efforts de conformité et transmettent les informations requises aux instances internationales.
La sortie de la liste grise peut améliorer la perception du pays auprès des investisseurs et réduire les coûts de conformité pour les institutions financières. Elle favorise aussi la coopération bancaire internationale. Cependant, ces effets apparaissent généralement après la publication officielle de la décision par le GAFI et la reconnaissance des progrès par les acteurs du secteur financier, comme l’illustre l’analyse de la sortie du Maroc de la liste grise en 2023.
Dans la région ouest-africaine, plusieurs États poursuivent des réformes pour répondre aux exigences du GAFI ou du GIABA, dans un contexte de lutte accrue contre la criminalité financière. Les gouvernements, les régulateurs et les partenaires internationaux attendent les décisions du GAFI avec attention, comme le rappelle régulièrement le ministère français de l’Économie et des Finances.