À Abidjan, le prix du carton de poisson importé s'établit désormais à 30 500 FCFA pour 20 kilogrammes, après une décision prise le 22 octobre 2026 lors d'une réunion présidée par Kalil Konaté, ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat. Le bulletin " Echo des Marchés " du Conseil national de lutte contre la vie chère (CNLVC) a relayé cette mesure, issue de négociations entre importateurs, grossistes, détaillants et représentants des consommateurs.
La baisse de 2 500 FCFA par carton concerne surtout le maquereau, poisson très présent dans l'alimentation locale. Pour s'assurer que cette réduction atteigne bien le consommateur, les autorités mettent en place une commission de suivi et un observatoire chargé d'analyser la formation des prix et des marges. Selon le portail officiel du Gouvernement de Côte d'Ivoire, près de 95 % des prix plafonnés sont respectés, d'après la déclaration de Dr Ranie-Didice Bah-Koné, secrétaire exécutive du CNLVC. Ce taux élevé de conformité s'inscrit dans la politique de lutte contre la vie chère et la régulation des marchés alimentaires.
Cette décision s'intègre dans une stratégie nationale qui vise à consolider la production locale de protéines animales et halieutiques à l'horizon 2030. Entre 2021 et 2025, la production aquacole ivoirienne a plus que doublé, passant de 6 300 à 12 895 tonnes, tandis que la production de viandes et d'abats a progressé de 27,4 % pour atteindre 231 658 tonnes. La production d'œufs a aussi augmenté de 52,8 % sur la même période. Le gouvernement vise à porter la couverture des besoins nationaux en protéines animales et halieutiques de 36 % à 75 % et à créer 1,5 million d'emplois, avec des objectifs de 149 000 tonnes pour la production aquacole et 120 000 tonnes pour les produits de la pêche d'ici 2030, comme l'indique le portail gouvernemental.
Transformation du marché des boissons traditionnelles
En parallèle de l'évolution du marché du poisson, la distribution ivoirienne voit l'industrialisation croissante des boissons à base de bissap (hibiscus), de gingembre et de baobab. Jadis préparées dans les foyers, ces boissons sont désormais produites par des entreprises locales sous emballage industriel et commercialisées sous marque dans les supermarchés. Ce développement ouvre de nouveaux débouchés aux producteurs agricoles et aux entrepreneurs de la transformation, élargissant leur accès au marché formel.
Cette dynamique s'inscrit dans la politique nationale de transformation locale, qui vise à accroître la valeur ajoutée produite dans le pays. Selon le ministre d'État Kobenan Kouassi Adjoumani, l'objectif affiché est de transformer 50 % de la production agricole locale à l'horizon 2025, notamment grâce à la création de zones industrielles dans les régions productrices. Le volume de produits transformés est ainsi passé de 42 000 tonnes avant 2011 à 237 000 tonnes en 2025, illustrant l'essor de l'agro-industrie ivoirienne.
Focus sur la filière soja
Le soja fait partie des produits agricoles suivis dans les dispositifs ivoiriens de commercialisation des vivriers, au même titre que le maïs, le riz, le mil, le fonio, le sorgho et le sésame. Les enquêtes de marché, menées jusqu'à deux fois par semaine dans 32 localités, permettent de surveiller les prix, les disponibilités et la provenance des produits. Les principales zones de production de soja se trouvent dans le nord du pays, notamment à Touba, Odienné et Korhogo. L'actualité agro-industrielle régionale est aussi marquée par l'inauguration d'unités de transformation de karité et de soja, confirmant l'intérêt institutionnel pour la valorisation locale des matières premières, comme le souligne une publication de la Direction générale du Trésor français (Le griot agri agro).
La politique ivoirienne de transformation locale, soutenue par le gouvernement, vise à accélérer l'industrialisation des filières agricoles et à consolider la souveraineté alimentaire du pays. Cette stratégie s'accompagne d'un suivi renforcé des marchés et d'une volonté affirmée de " consolider la production nationale à l'horizon 2030 ".
Source : bulletin " Echo des Marchés " du Conseil national de lutte contre la vie chère.