Afrique, Asie - informer, analyser, comprendre

Le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis se consolide malgré le revers électoral de Trump

Le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis se consolide malgré le revers électoral de Trump Afrique-Asie © afrique-asie.com
Le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis se consolide malgré le revers électoral de Trump © afrique-asie.com
La République démocratique du Congo maintient une coopération étroite avec Washington, soutenue par les deux partis américains, autour des minerais critiques et des projets de paix dans l'est du pays.

Des responsables congolais et américains se sont réunis à Paris pour évaluer les progrès du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, en particulier dans les domaines des minerais critiques et des infrastructures énergétiques. Le ministre de la Communication Patrick Muyaya affirme que la défaite du parti de Donald Trump lors des élections de mi-mandat aux États-Unis n'a pas remis en cause l'engagement de Washington envers les accords signés avec Kinshasa.

Patrick Muyaya précise que le soutien bipartisan aux récents accords, qui ouvrent l'accès aux minerais essentiels pour l'industrie américaine et visent à stabiliser l'est de la RDC, reste solide. Il indique que l'appui des démocrates à ces initiatives montre la volonté politique américaine de poursuivre la mise en œuvre des engagements pris avec la RDC. Le pays d'Afrique centrale occupe une place centrale dans la stratégie américaine pour sécuriser l'approvisionnement en cobalt, indispensable à la fabrication de batteries et au développement des technologies d'intelligence artificielle.

Des projets structurants et une coopération renforcée

Les discussions bilatérales à Paris ont porté sur l'état d'avancement du Corridor de Lobito, du projet hydroélectrique du Grand Inga et des investissements dans les minerais critiques. Avant ces échanges, Patrick Muyaya avait indiqué à Semafor que Kinshasa présenterait une liste d'actifs miniers aux représentants américains, dans le cadre d'un partenariat stratégique établi en décembre dernier. Ce dispositif prévoit un accès préférentiel pour les acheteurs américains aux ressources congolaises.

La question des minerais critiques et de la résilience des chaînes d'approvisionnement a été mise en avant par le secrétaire d'État américain Marco Rubio lors d'une conférence de presse le 31 octobre 2026. Rubio insiste sur le fait que la coopération internationale reste indispensable pour répondre à ces enjeux, tout en rappelant que les gouvernements n'ont pas encore trouvé de solutions universellement acceptées. Il cite aussi le conflit entre la République démocratique du Congo et le Rwanda parmi les crises régionales qui compliquent la recherche de solutions durables, soulignant la nécessité d'un travail approfondi pour parvenir à des avancées concrètes, comme l'a relayé le U.S. Department of State.

La déclaration des ministres des Affaires étrangères du G20, publiée le même jour, confirme l'importance stratégique des minerais critiques pour la sécurité énergétique, la fabrication avancée et les technologies émergentes. Le texte recommande d'améliorer la résilience des chaînes d'approvisionnement par un partage accru d'informations et une transparence renforcée, ainsi que la mobilisation des investissements, tout en associant le secteur privé aux politiques publiques pour le traitement, le raffinage ou le recyclage des minerais. Il insiste aussi sur la nécessité d'environnements réglementaires nationaux stables et de cadres contractuels durables pour attirer les investissements de long terme, comme l'indique la déclaration du G20.

Marco Rubio précise que les discussions internationales sur la sécurisation des chaînes d'approvisionnement et des minerais critiques n'ont pas encore abouti à un calendrier précis pour un accord entre la RDC et les États-Unis. Il décrit ces échanges comme une première étape visant à reconnaître les problèmes communs avant de définir des solutions opérationnelles. Les conflits en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan ou entre la RDC et le Rwanda figurent parmi les facteurs susceptibles d'affecter les infrastructures et les flux miniers régionaux, selon les autorités américaines.

Les résultats institutionnels disponibles ne fournissent pas de chiffres officiels sur la part de la RDC dans la production mondiale de cobalt ou sur la production de cuivre, la valeur des réserves ou la capacité du corridor de Lobito. Le communiqué du G20 se limite à qualifier les minerais critiques de cruciaux pour la sécurité énergétique et l'industrie, sans détailler de statistiques par pays. Toute donnée chiffrée sur ces sujets doit donc être attribuée à des organismes spécialisés ou à des rapports sectoriels distincts.

Pour mémoire, la question de la sécurisation des ressources et des alliances internationales avait déjà été abordée dans un article précédent consacré aux démarches diplomatiques du président Félix Tshisekedi.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.