Le Conseil des ministres du 28 octobre 2026 a marqué l’engagement du gouvernement sénégalais dans une réforme destinée à moderniser l’artisanat, inscrite dans l’Agenda national de Changement Sénégal 2050. Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a ordonné un recensement général des artisans et leur enrôlement, étape indispensable pour leur professionnalisation et leur accès aux dispositifs publics d’accompagnement ou de financement, selon le communiqué officiel du gouvernement.
La création d’un fonds spécial pour le financement de l’artisanat figure parmi les orientations politiques à examiner rapidement. Ce mécanisme, dont les modalités restent à définir, doit ouvrir aux professionnels du secteur l’accès au système financier formel. Il reposera sur la combinaison des initiatives publiques existantes et sur la mobilisation solidaire d’apports directs des artisans. Aucun montant de capital initial, taux de garantie ou calendrier d’entrée en vigueur n’a encore été fixé. Cette démarche privilégie l’investissement collectif à la place de subventions ponctuelles et vise à rendre possible aux artisans de s’insérer durablement dans l’architecture financière nationale.
Le Conseil interministériel dédié au développement de l’artisanat, programmé avant le 31 décembre 2026, doit arrêter les mesures concrètes de modernisation, de financement et d’intégration du secteur dans les politiques nationales de développement. Le périmètre institutionnel de la réforme englobe les 14 Chambres de métiers, l’Agence de Promotion et de Développement de l’Artisanat (APDA) et le Projet Mobilier national. Leurs activités devront être restructurées pour aider l’accès des artisans à la commande publique.
Modernisation et formalisation du secteur
La rencontre entre le président et les responsables des Chambres de métiers a mis en avant deux difficultés structurelles majeures : la formation et la formalisation des activités artisanales, auxquelles s’ajoute l’accès aux mécanismes de financement. Le recensement prévu doit fournir une base administrative solide pour mieux cibler la formation professionnelle et les dispositifs de aide existants. Cette politique s’inscrit dans une vision plus large de l’artisanat comme moyen d’entrepreneuriat et de création d’emplois, selon la présidence sénégalaise.
Le président a aussi exigé un meilleur accès des artisans à la commande publique, ce qui suppose une attention particulière à la restructuration de l’APDA et du Projet Mobilier national. À ce jour, aucune modification du Code des marchés publics ni quota réservé n’a été annoncé, mais la volonté affichée reste de consolider la demande institutionnelle adressée aux producteurs artisanaux, en complément du futur mécanisme de financement.
Le ministère de la Culture a confirmé, à l’issue d’une séance de travail du 8 octobre 2026, que la modernisation du secteur artisanal s’articulera autour de la formation des jeunes apprentis et de l’accompagnement à la formalisation, ainsi que de l’accès au financement, de la création de Pôles d’Excellence et de Créativité Artisanale (PECA) et de la promotion du « Made in Sénégal ». Ce projet prioritaire se construit en synergie avec l’Union nationale des Chambres de métiers et vise à bâtir un artisanat moderne et créateur d’emplois dans les territoires.
À ce jour, aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur le nombre d’artisans recensés, l’enveloppe financière du fonds ou le volume de prêts attendu. Le dispositif reste en phase de préparation. La prochaine étape institutionnelle sera l’organisation du Conseil interministériel avant la fin de l’année, chargé de préciser la forme juridique du fonds, ses ressources et ses modalités d’accès. Cette réforme intervient alors que la modernisation et l’intégration économique du secteur artisanal figurent parmi les priorités nationales, comme le rappellent les autorités sénégalaises et les institutions partenaires du projet.
Ce plan s’inscrit dans un contexte où les enjeux de modernisation et d’intégration économique alimentent les débats nationaux, comme l’a illustré la récente mobilisation sociale rapportée précédemment. Pour plus d’informations sur la politique artisanale, consulter le communiqué du Conseil des ministres ou le dossier de la RTS.