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La réforme du secteur électrique sénégalais renforce l’indépendance de la CRSE

La réforme du secteur électrique sénégalais renforce l’indépendance de la CRSE Afrique-Asie © afrique-asie.com
La réforme du secteur électrique sénégalais renforce l’indépendance de la CRSE © afrique-asie.com
Le Sénégal a adopté une réforme majeure de la régulation de l’électricité, avec la loi n° 2021-32 qui élargit les pouvoirs de la CRSE et introduit un nouveau code de l’électricité, alors que le programme MCA-Sénégal II approche de son terme.

Depuis l’adoption de la loi n° 2021-32 du 9 juillet 2021, le secteur électrique sénégalais évolue sous l’impulsion d’une Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) dotée d’une autonomie accrue et de nouvelles responsabilités. Cette mutation accompagne la modernisation du réseau et répond aux attentes du public sur la fiabilité de l’approvisionnement.

La loi n° 2021-32 crée un comité de règlement des différends au sein de la CRSE et élargit ses missions de contrôle, de fixation des tarifs et de protection des consommateurs. Les responsables de la CRSE affirment que la nouvelle politique tarifaire cherche à équilibrer viabilité financière et défense des usagers, en ciblant particulièrement les ménages vulnérables et les zones rurales. Les délais de traitement des réclamations sont désormais encadrés, et la qualité du service public fait l’objet d’un suivi renforcé.

Modernisation du réseau et ouverture du marché

Le programme MCA-Sénégal II, financé à hauteur de 650 millions de dollars, dont 600 millions proviennent de la coopération américaine et 50 millions de l’État sénégalais, s’achève dans cinq mois. Il vise la modernisation du réseau de transport, l’extension de l’accès à l’électricité et la mise en œuvre de réformes sectorielles. À ce stade, 99 % des travaux de transport sont terminés et l’électrification concerne 3 000 villages.

Les mesures récentes incluent la mise en place du nouveau Code de l’électricité, l’ouverture de l’accès des tiers au réseau de transport et la création du Guichet unique SIGTEN, une plateforme numérique conçue pour simplifier les démarches administratives des opérateurs énergétiques. Le Bureau d’accès au réseau de transport facilite l’arrivée de producteurs indépendants, tandis que la plateforme SIGTEN, présentée par le Secrétariat permanent à l’énergie, vise à accélérer les procédures.

Le ministère de l’Énergie et du Pétrole pilote la mise en œuvre de ces réformes, en lien avec la CRSE et les partenaires internationaux. Les textes officiels précisent que le nouveau Code de l’électricité doit consolider la transparence et la concurrence sur le marché, tout en assurant la sécurité d’approvisionnement. Les décisions tarifaires récentes de la CRSE s’appuient sur des barèmes publiés et tiennent compte de la structure des coûts, conformément aux orientations du gouvernement sénégalais.

Enjeux de gouvernance et attentes publiques

La gouvernance transparente et les délais pour les grands projets, comme Yaakaar-Teranga, restent des sujets de préoccupation, surtout après les coupures d’électricité récentes. Le collectif Noo Lank demande plus de clarté sur l’avancement de ces initiatives, alors que la centrale West African Energy fonctionne au diesel en attendant l’arrivée du gaz naturel.

Un atelier tenu à Dakar le 27 octobre 2026 a réuni le ministère de l’Énergie et du Pétrole, MCA-Sénégal II et le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES) pour débattre de ces réformes. Oumar Diop, directeur général de MCA-Sénégal II, insiste sur la transparence et le consolidation des compétences dans le secteur. Dialigué Faye, coordinateur du COJES, rappelle l’impact économique de l’électricité et l’orientation institutionnelle du Power Compact sénégalais.

Pour les juristes, la réforme impose de nouveaux impératifs de conformité, une vigilance accrue sur les pouvoirs élargis de la CRSE et l’usage du Guichet unique SIGTEN pour les démarches administratives. Dans ce contexte, le report des crédits de compensation pour le Grand Transfert d’Eau, rapporté récemment, souligne la nécessité d’une planification rigoureuse et d’une communication claire sur les échéances des projets structurants.

Les autorités sénégalaises, dont la CRSE et le ministère de l’Énergie, participent régulièrement à l’élaboration des politiques tarifaires et à la supervision des investissements dans le secteur. Les rapports institutionnels et les textes réglementaires encadrent toutes les procédures, assurant la conformité aux standards internationaux, comme l’indique Le Monde dans son analyse de la transition énergétique au Sénégal.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.