Le 29 octobre 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a transmis une directive officielle au Premier ministre Al Amine Lo, demandant la préparation de toutes les mesures nécessaires à l’exécution des politiques, programmes et projets inscrits dans le projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 et le projet de Loi de finances initiale (LFI) 2027. Cette instruction fait suite au Conseil des ministres du 28 octobre et intervient alors que les deux textes budgétaires étaient déjà déposés à l’Assemblée nationale, dans un contexte de désaccord parlementaire marqué par le rejet de la LFR 2026 en commission des finances et du contrôle budgétaire. Des discussions étaient alors en cours entre l’exécutif et la majorité parlementaire pour trouver un compromis sur le texte, comme l’a rapporté l’Agence de presse sénégalaise.
La directive présidentielle met l’accent sur la nécessité de prendre « toutes les dispositions juridiques idoines et mesures adéquates » pour garantir la mise en œuvre systématique des politiques publiques prévues dans ces projets de loi. Le président Faye a précisé que la continuité des pouvoirs publics reste importante pour la crédibilité des institutions de la République, distinguant l’adoption parlementaire des crédits des mesures administratives, réglementaires ou opérationnelles nécessaires à leur utilisation effective. Il a aussi rappelé que cette directive ne vaut pas promulgation des lois de finances, celles-ci restant à l’examen de l’Assemblée nationale communiqué institutionnel.
La démarche présidentielle s’inscrit dans l’évaluation du Plan de redressement économique et social (PRES) et le suivi de l’Agenda national de changement Sénégal 2050. Le chef de l’État a demandé au Premier ministre d’engager une évaluation intégrale de la mise en œuvre du PRES et de mesurer le déploiement des projets relevant des secteurs et filières prioritaires. Cette articulation positionne l’exécution budgétaire comme un instrument de pilotage des programmes présidentiels, au-delà d’une simple procédure comptable.
Les instructions couvrent plusieurs domaines d’investissement public, notamment les établissements de santé, les universités, les structures d’enseignement supérieur public, les écoles modernes, l’électrification rurale et l’hydraulique. Le compte rendu officiel mentionne le Grand transfert d’eau vers l’agglomération de Touba-Mbacké ainsi qu’un nouveau programme de forages multi-villages. Le président a aussi demandé d’accélérer la relance des chantiers à l’arrêt et de mener des actions concertées pour reprendre les activités économiques. Par ailleurs, la directive inclut l’apurement rapide de la dette intérieure en coordination avec les organisations faîtières du secteur privé, ainsi que la sécurisation des financements pour les campagnes de commercialisation des produits agricoles et horticoles.
Le chef de l’État a également chargé le Premier ministre de réaliser un bilan d’étape du New Deal technologique et d’accélérer la rationalisation des secteurs public et parapublic, élargissant ainsi la portée de la directive à la changement numérique et à l’organisation des entités publiques.
Sur le plan politique, la période reste tendue sur le plan institutionnel. Le 26 octobre, le Premier ministre Al Amine Lo avait déclaré à l’AFP que l’opposition ne pouvait pas bloquer le pays autour du projet de budget rectificatif, évoquant à la fois le dialogue et les voies constitutionnelles pour sortir de l’impasse. La chronologie des événements montre un rejet du projet de LFR 2026 en commission, suivi de discussions politiques et enfin de l’instruction présidentielle sur les mesures de mise en œuvre. À la date du 29 octobre, aucun texte n’avait encore été adopté définitivement ni promulgué.
Les effets attendus de cette directive concernent la reprise des chantiers, le développement des infrastructures sanitaires et éducatives, l’accès à l’eau et à l’électricité, l’apurement de la dette intérieure et le financement des filières agricoles. L’ensemble de ces mesures vise à maintenir la continuité de l’action publique et à consolider la crédibilité des institutions sénégalaises, comme l’a souligné le président Faye dans ses communications officielles dossier de l’APS.