Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan du Sénégal a retiré les 20 milliards de francs CFA initialement prévus dans le budget rectificatif 2026 pour indemniser les personnes concernées par le Grand Transfert d’Eau (GTE). Cette enveloppe, qui devait lancer les compensations pour les populations touchées par le tracé du projet, sera finalement reportée à 2027. Une dotation de 13,8 milliards de francs CFA figure déjà dans le projet de loi de finances initiale transmis à l’Assemblée nationale. L’écart entre les deux enveloppes atteint 6,2 milliards de francs CFA, soit une baisse de 31 % par rapport au montant initialement inscrit pour 2026. Le ministère précise que ce montant pourra évoluer selon l’avancement du projet et l’évaluation réelle des personnes concernées.
Le retrait des crédits pour 2026 s’explique, selon le ministère, par l’absence de démarrage du recensement des personnes affectées et de l’évaluation des indemnisations à verser. L’administration avance qu’une inscription immédiate de crédits de paiement serait prématurée tant que les bénéficiaires, les emprises concernées et les montants individuels ne sont pas déterminés. Ce report découle donc de l’absence de données opérationnelles qui rend possible de liquider les compensations, sans traduire une décision de renoncer à l’infrastructure. Le ministère a contesté l’idée que le GTE aurait été abandonné après le retrait des crédits 2026, rappelant que le projet reste inscrit dans la programmation budgétaire nationale.
Un projet structurant pour plusieurs régions
Le Grand Transfert d’Eau reste présenté comme un projet d’infrastructure structurant destiné à approvisionner en eau potable les localités des régions de Louga, Thiès, Dakar et Diourbel, avec Touba comme principal pôle bénéficiaire. Selon la présentation gouvernementale, une branche secondaire doit relier Touba à partir de Pékesse. Le linéaire total du projet est estimé à environ 270 kilomètres, ce qui confirme son ampleur interrégionale et la complexité de sa mise en œuvre. Le maintien du GTE dans la liste des projets structurants annoncés pour 2027, aux côtés de la réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar–Tambacounda et d’autres infrastructures majeures, contredit l’interprétation selon laquelle le retrait des crédits d’indemnisation équivaudrait à une suppression du projet. L’ajustement concerne donc le calendrier budgétaire des compensations plutôt que l’existence formelle du programme, comme l’indique la Primature du Sénégal.
Le projet de budget rectificatif pour 2026 a été rejeté en commission le 23 octobre, mais ce vote ne constituait pas encore une décision définitive de l’Assemblée nationale en séance plénière, l’examen public étant programmé pour le 27 octobre à 10 heures. Cette distinction entre le rejet en commission et le vote final reste importante pour comprendre que la suppression des crédits dans la version examinée en commission ne vaut pas annulation législative définitive du GTE.
La controverse autour du retrait des crédits a été alimentée par des prises de position publiques, notamment celle de Khadim Bamba Fall, qui a dénoncé la suppression du projet sur la base de la disparition de l’enveloppe de 20 milliards de francs CFA du budget rectificatif. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a réaffirmé que le projet n’est pas supprimé, mais que le calendrier des indemnisations dépendra de l’achèvement des opérations foncières et de l’évaluation préalable des préjudices.
Le prochain jalon pour le GTE sera l’adoption définitive du budget 2027 et le démarrage documenté des opérations de recensement et d’évaluation. Le projet reste ainsi classé parmi les grands chantiers d’infrastructure à poursuivre, selon les annonces institutionnelles relayées par les autorités sénégalaises. Le calendrier de réalisation du GTE, compte tenu de son linéaire de 270 kilomètres, s’étendra sur plusieurs exercices budgétaires, et les crédits d’indemnisation ne représentent qu’un volet de la programmation financière globale.
Pour plus d’informations sur la gestion budgétaire des grands projets d’infrastructure, il est possible de consulter le portail du ministère français de l’Économie ou les analyses de la rubrique Économie du Monde.