La Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale du Sénégal a rejeté dans son ensemble le projet de loi de finances rectificative pour 2026, enregistré sous le numéro 40/2026, lors de sa réunion du vendredi 23 octobre 2026. Ce rejet a aussi visé deux amendements proposés par le gouvernement, ce qui traduit un désaveu plus large qu’un simple refus de points techniques. La réunion, d’abord programmée le jeudi 22 octobre à 15 heures, a été reportée au vendredi 23 octobre à 9 heures par un avis officiel signé par le président de la commission, Alphonse Mané Sambou.
Ce revers en commission intervient dans un climat de tensions politiques persistantes entre la majorité parlementaire Pastef-Les Patriotes et l’exécutif. Après deux jours de délibérations, le groupe Pastef a publié un communiqué le 23 octobre 2026 pour annoncer son refus d’adopter le projet « en l’état », tout en soulignant la nécessité d’une révision budgétaire face aux nouvelles contraintes économiques. Cette position met en avant un désaccord sur le contenu et les garanties du texte, sans remettre en cause le principe d’une loi de finances rectificative. Les débats ont révélé des divergences sur la gestion des ressources publiques et la transparence budgétaire, transformant l’examen du budget en épreuve politique pour le gouvernement.
La configuration parlementaire a montré sa complexité lors du vote en commission. La majorité Pastef a voté contre le texte, tandis que le groupe Takku Wallu Sénégal s’est abstenu, ce qui illustre une fracture qui ne se limite pas à l’opposition entre gouvernement et adversaires. Cette abstention a pesé sur l’issue négative du vote, sans pour autant entraîner un rejet unanime de tous les groupes parlementaires.
Procédure parlementaire et prochaines étapes
Le rejet en commission ne clôt pas la procédure législative. Selon le règlement de l’Assemblée nationale, le projet de loi doit encore passer devant l’ensemble des députés en séance plénière. Initialement prévue le 23 octobre, la séance plénière a été reportée au mardi 27 octobre 2026 à 10 heures, d’après un rectificatif officiel daté du 22 octobre et adressé à tous les députés. Ce changement de calendrier, décidé avant même le vote en commission, distingue la date de la décision administrative de report de celle du rejet du texte. La séance plénière représente l’étape déterminante, où tous les députés se prononceront sur le projet après le vote négatif de la commission, comme l’a rappelé la Radio-Télévision Sénégalaise.
Ce contexte institutionnel se présente alors que la situation macroéconomique du Sénégal reste marquée par une forte vulnérabilité liée à l’endettement public. Selon les chiffres relayés par Jeune Afrique, la dette publique atteignait 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024, un niveau qui exerce une pression importante sur le gouvernement et impose une réorganisation des dépenses publiques. Le projet de loi rectificative apparaît ainsi comme un outil important pour répondre à une situation budgétaire et financière particulièrement tendue.
La décision de la commission, qualifiée de revers majeur par plusieurs médias sénégalais, a renforcé les tensions entre l’exécutif et la majorité parlementaire. Elle limite la possibilité de modifier le texte uniquement par des ajustements techniques au stade de la commission, plaçant le gouvernement face à une séance plénière dont l’issue reste incertaine. Au 27 octobre 2026, le texte attendait toujours un vote définitif de l’Assemblée nationale, sans qu’aucun résultat final n’ait été communiqué par les autorités parlementaires.
Pour étudier davantage le contexte institutionnel sénégalais, on peut consulter les analyses de la Radio-Télévision Sénégalaise ou les dossiers économiques publiés par Jeune Afrique.