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Les nageurs sénégalais aux JOJ confrontés au manque d'infrastructures

Les nageurs sénégalais aux JOJ confrontés au manque d'infrastructures Afrique-Asie © afrique-asie.com
Les nageurs sénégalais aux JOJ confrontés au manque d'infrastructures © afrique-asie.com
Aux Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar, les six nageurs sénégalais n'ont remporté aucune médaille. Leurs familles dénoncent l'absence de piscine olympique accessible et réclament un engagement accru de l'État pour aider la progression des jeunes sportifs.

Durant quatre ans, les jeunes nageurs sénégalais ont dû s'entraîner dans des bassins de clubs parfois limités à 20 mètres, faute d'accès à la piscine olympique. Les témoignages recueillis lors des Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar révèlent la frustration et la colère des familles, qui dénoncent le manque d'infrastructures adaptées et le soutien public jugé insuffisant.

Le Sénégal a accueilli les Jeux olympiques de la jeunesse du 31 octobre au 13 novembre 2026, marquant une première pour le continent africain, avec des compétitions réparties entre Dakar, Diamniadio et Saly. Les organisateurs ont préféré rénover et réutiliser des équipements existants, comme le complexe Iba-Mar-Diop et la piscine olympique de Dakar, plutôt que de bâtir un complexe neuf. Ce choix, salué pour sa sobriété budgétaire, s'inscrit dans un programme d'infrastructures qui inclut l'amélioration de onze équipements sportifs communautaires et une extension ferroviaire entre Diamniadio et l'aéroport international Blaise-Diagne, pour un montant supérieur à 300 milliards de francs CFA (environ 510 millions de dollars), selon le Comité international olympique et l'agence sénégalaise de promotion des investissements (APIX).

La natation s'est tenue au complexe Tour de l'Oeuf, aux côtés du basket 3×3, du breaking, du skateboard et du Baseball5. Le stade Iba-Mar-Diop, rénové pour l'événement, propose 8 000 places, et l'arène associée peut accueillir 3 000 spectateurs. Malgré ces investissements, la question de l'accès pérenne des fédérations nationales aux sites rénovés demeure. APIX a lancé des démarches pour attirer des opérateurs privés dans le cadre de partenariats public-privé, afin d'assurer la gestion et la maintenance des équipements après l'événement.

Naël Lamine Voisin, l'un des six représentants sénégalais, a vu ses espoirs de finale s'arrêter après une cinquième place en série du 50 mètres brasse. Il a toutefois signé son meilleur temps sur 100 mètres brasse en 1 minute 6 secondes et 86 centièmes, performance qui rappelle sa victoire sur la même distance lors des Championnats de la zone 2 d'Africa Aquatics à Accra en octobre 2025 (1 minute 11 secondes et 30 centièmes). Mohamed Rassoul Lèye a aussi battu son record personnel sur 100 mètres dos, terminant troisième de sa série en 1 minute 7 secondes et 10 centièmes le 3 novembre 2026. Ces progrès individuels, rapportés par les médias spécialisés, nuancent l'absence de médaille sénégalaise et illustrent une dynamique de progression malgré les contraintes.

Des familles mobilisées pour de meilleures conditions

Maïmouna Diakhaté, mère du nageur Rassoul Lèye, a défendu l'engagement des jeunes tout en regrettant le manque d'investissements publics. Selon elle, " on ne peut pas attendre beaucoup de ces jeunes en leur donnant si peu ", rappelant que les compétitions nationales se déroulent dans des piscines de 20 ou 25 mètres et que les athlètes doivent concilier entraînements et études. Les familles réclament la réouverture du centre d'entraînement fermé en 2022 et une implication accrue de l'État pour garantir des conditions dignes aux sportifs.

La délégation sénégalaise de natation comptait six nageurs à Dakar, contre deux lors de l'édition précédente à Buenos Aires, une progression rendue possible par le statut de pays hôte. La préparation a inclus deux stages de deux mois en Chine et des sessions à l'université Gaston Berger de Saint-Louis, équipée d'un bassin de 50 mètres. Cependant, le calendrier scolaire a limité les possibilités d'entraînement, les stages devant se tenir pendant les week-ends ou les vacances.

La Fédération sénégalaise de natation, par la voix de son président Maguette Dièye, a mis en avant ces efforts de préparation, tout en soulignant la nécessité d'un appui gouvernemental sur le long terme. Dièye a fixé comme priorité la période post-Jeux olympiques de la jeunesse et appelé à un soutien pérenne de l'État et du ministère, estimant que la qualification pour les Jeux olympiques de 2028 serait prématurée, mais que l'objectif est d'avoir des nageurs qualifiés pour Brisbane 2032.

La compétition de natation à Dakar s'est déroulée sous l'égide de World Aquatics, dont le règlement impose une température de l'eau comprise entre 25 et 28 °C. Des athlètes ont signalé une température de 32 à 33 °C pendant les épreuves, soit jusqu'à 8 °C au-dessus de la limite réglementaire, sans qu'aucune sanction officielle n'ait été annoncée. Ce point technique s'ajoute aux difficultés structurels d'accès aux infrastructures d'entraînement.

Le projet d'infrastructures de Dakar 2026 prévoit de laisser onze équipements sportifs communautaires utilisables après les Jeux, dont la piscine olympique rénovée. Cependant, le calendrier d'ouverture pérenne de la piscine aux nageurs de la Fédération sénégalaise de natation, ainsi que les modalités d'accès, n'ont pas encore été officialisés par les autorités compétentes. La gestion post-Jeux, notamment via des partenariats public-privé, reste un enjeu pour transformer ces installations en centres d'entraînement accessibles à la jeunesse sénégalaise, comme le rappellent les analyses du Comité international olympique et d'APIX.

Ce constat rejoint les préoccupations exprimées lors de l'arrivée d'autres délégations, comme l'a rapporté récemment. Les familles et les responsables sportifs attendent désormais des engagements concrets pour garantir l'accès régulier à des infrastructures de qualité et aider la progression des jeunes nageurs sénégalais sur la scène internationale.

Pour étudier davantage, voir également le dossier sur Dakar 2026 et les analyses de l'agence sénégalaise de promotion des investissements.

Source : RFI, adaptation Ndiasse Sambe

Aminata Diop Rédactrice Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Aminata Diop

Aminata Diop est rédactrice à Afrique-Asie. Elle couvre principalement les relations internationales, la diplomatie et les questions de sécurité, avec une attention particulière portée aux développements politiques en Afrique.