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L'UEMOA salue l'accord entre le Sénégal et le FMI

L'UEMOA salue l'accord entre le Sénégal et le FMI Afrique-Asie © afrique-asie.com
L'UEMOA salue l'accord entre le Sénégal et le FMI © afrique-asie.com
Le président de la Commission de l'UEMOA a exprimé son aide à l'accord conclu entre le Sénégal et le FMI, mettant en avant la solidité des indicateurs macroéconomiques régionaux malgré les difficultés persistantes.

À Dakar, lors d'une rencontre officielle, Abdoulaye Diop, président de la Commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a souligné la solidité des indicateurs macroéconomiques du bloc régional et salué l'accord récemment signé entre le Sénégal et le Fonds monétaire international.

La réunion avec le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mouhamed Lô a permis d'examiner la situation économique du Sénégal face aux difficultés structurels et sécuritaires qui touchent l'ensemble de l'UEMOA. Selon les informations communiquées, Abdoulaye Diop a insisté sur la résilience de la performance macroéconomique régionale malgré ces obstacles.

Un appui affirmé aux autorités sénégalaises

Sur le plan national, le président de la Commission a qualifié l'accord avec le FMI d'étape importante pour le Sénégal et pour la dynamique économique sous-régionale. Il a réaffirmé le aide de l'UEMOA aux autorités sénégalaises et s'est engagé à poursuivre le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers internationaux pour garantir un accompagnement pérenne du programme de développement du pays.

Ce positionnement intervient alors que le Sénégal cherche à finaliser un nouveau programme de financement triennal avec le FMI, d'un montant de 2,2 milliards de dollars, après la découverte en 2024 de plusieurs milliards de dollars d'emprunts non déclarés par l'administration précédente. Cette réévaluation a porté la dette publique à 132 % du PIB à la fin de 2024, selon les chiffres du FMI. Le précédent programme du Fonds avait été gelé à la suite de ces irrégularités comptables et financières, poussant le gouvernement à accepter une restructuration partielle de la dette dans le cadre commun du G20, une orientation critiquée sur la scène politique nationale.

Le 1er septembre 2026, un accord préliminaire a été conclu avec les services du FMI, mais il reste suspendu à l'approbation du Conseil d'administration du Fonds. Parmi les conditions essentielles figure la présentation d'un budget conforme aux paramètres négociés, comme l'a rappelé Julie Kozack, directrice de la communication du FMI, le 29 octobre 2026. La révision budgétaire associée à ce programme a ramené la prévision de croissance réelle pour 2026 à 2,7 %, contre environ 5 % dans le budget initial, et porté le déficit prévu à 7,6 % du PIB, contre 5,4 % auparavant. Les recettes projetées ont été réduites de 340,1 milliards de francs CFA (environ 582,6 millions de dollars), tandis que les arriérés de paiement accumulés atteignent 1 956,3 milliards de francs CFA, selon les documents budgétaires officiels.

Le 3 novembre 2026, l'Assemblée nationale sénégalaise a rejeté le projet de budget révisé présenté par le gouvernement, avec 109 voix contre, 20 pour et 3 abstentions sur 132 parlementaires. Ce rejet prolonge le bras de fer entre l'exécutif et le Parlement sur les hypothèses de recettes, les dépenses publiques et la trajectoire du déficit, et risque de retarder l'examen du dossier par le Conseil d'administration du FMI, ainsi que le décaissement des ressources attendues. Les débats parlementaires ont notamment mis en avant la hausse des prix des hydrocarbures, la baisse des recettes fiscales attendues et l'augmentation du coût du service de la dette, autant de facteurs ayant dégradé les projections économiques initiales.

Le nouveau programme du FMI est présenté par les autorités sénégalaises et les institutions internationales comme un instrument central de stabilisation des finances publiques et de restauration de l'accès aux financements extérieurs. Sa mise en œuvre dépend toutefois d'un accord sur un budget révisé répondant aux exigences du Fonds. Le poids de la dette, évalué à 132 % du PIB fin 2024, limite la marge de manœuvre budgétaire et renforce l'enjeu d'une restructuration ordonnée, sous l'égide du cadre commun du G20. Tant que le budget n'est pas aligné et que le Conseil d'administration du FMI n'a pas statué, aucun décaissement définitif du programme de 2,2 milliards de dollars n'est confirmé, comme l'indiquent les analyses de Reuters et de l'Ecofin Agency.

Ce positionnement intervient alors que le FMI continue de suivre de près les évolutions budgétaires au Sénégal, comme signalé récemment dans le suivi des débats parlementaires sur la loi de finances rectificative et le budget national.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.