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Enquête parlementaire sur la gestion du programme Un étudiant un ordinateur au Sénégal

Enquête parlementaire sur la gestion du programme Un étudiant un ordinateur au Sénégal Afrique-Asie © afrique-asie.com
Enquête parlementaire sur la gestion du programme Un étudiant un ordinateur au Sénégal © afrique-asie.com
Au Sénégal, une commission parlementaire examine les procédures de passation de marchés publics du programme Un étudiant un ordinateur après le retrait de la Banque mondiale, soulevant des interrogations sur la transparence et la conformité juridique.

La commission parlementaire sénégalaise se penche sur la gestion du programme Un étudiant un ordinateur, en ciblant les procédures de passation de marchés publics engagées après le retrait de la Banque mondiale du projet.

Le Bureau de l’Assemblée nationale a validé en juillet 2026 la commission d’enquête parlementaire dédiée à ce programme, sous la présidence d’Ousmane Sonko. Le dossier a été inscrit à la session extraordinaire d’août, puis les auditions publiques ont débuté en octobre 2026. Les investigations se concentrent sur la gestion administrative et les conditions d’exécution du programme, sans remettre en cause le principe de la fourniture de matériel informatique aux étudiants. Le retrait de la Banque mondiale a modifié le structure financier et posé la question de l’application des procédures ordinaires de commande publique.

Les auditions, diffusées en direct, visent à rendre le contrôle parlementaire accessible. Certains éditorialistes, notamment dans Le Quotidien, alertent sur le risque de changer l’enquête en spectacle médiatique avant la consolidation des faits. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a déclaré que le contrôle parlementaire « n’épargne personne, pas même les siens », affichant la volonté d’impartialité dans la conduite des travaux.

Structure légal et enjeux institutionnels

L’enquête s’appuie sur le structure juridique national, en particulier le Code des Marchés Publics, qui fixe les règles pour l’attribution des marchés publics. Les parlementaires examinent la conformité des procédures suivies après le désengagement de la Banque mondiale, soulevant la question de l’application des règles de mise en concurrence dans ce contexte. Le rôle de l’Assemblée nationale dans le contrôle de l’action gouvernementale et des dépenses publiques reste central, tout comme la contribution des juristes sollicités pour clarifier les obligations légales. Les commentaires éditoriaux rappellent l’importance d’examiner les pièces, d’entendre les personnes concernées et de distinguer l’établissement des faits de la responsabilité politique ou pénale, comme le souligne la rédaction d’EnQuête Plus.

La commission sur « Un étudiant, un ordinateur » s’inscrit dans une série d’enquêtes parlementaires portant aussi sur les licences de pêche, le foncier ou le secteur public maritime, ce qui élargit la portée politique du contrôle parlementaire. Le calendrier publié pour d’autres commissions couvre la période du 26 au 30 octobre 2026, tandis que la commission informatique avait fait l’objet d’annonces d’auditions distinctes.

Métriques, données financières et transparence

À ce stade, aucun montant vérifié du marché informatique, nombre officiel d’ordinateurs distribués, prix unitaire, liste d’entreprises attributaires ou taux d’exécution financière du programme n’a été publié par les autorités. Les seules données financières distinctes concernent un emprunt de 120 milliards de FCFA mentionné dans la Loi de Finances Rectificative 2026, mais cette somme relève du Projet autonome de réponse d’urgence contingente et non du programme Un étudiant, un ordinateur. Il serait donc inexact d’attribuer ces 120 milliards de FCFA au marché des ordinateurs sans document budgétaire ou contractuel spécifique, comme l’a rappelé la presse sénégalaise. Le statut actuel des chiffres propres au programme reste à documenter par les procès-verbaux d’audition, les contrats, les rapports d’exécution et le futur rapport de commission.

La question du secret de la défense a aussi été évoquée, notamment ses limites face à l’exigence de contrôle et de vérification des dépenses publiques. Les ministères concernés, dont l’ancien ministre en charge du dossier, doivent fournir des explications sur la gestion du programme et les choix opérés en matière de procédures. La presse signale la participation annoncée de Daouda Ngom et le refus de Moussa Baldé de se présenter à une audition fixée au 16 octobre, illustrant les tensions autour de la procédure.

Conséquences pour les acteurs publics et privés

Les avocats conseillant les entités publiques ou les entreprises privées intéressées par les marchés publics sénégalais sont invités à surveiller l’application stricte du Code des Marchés Publics, surtout en cas de changement de structure de financement. Cette vigilance s’impose alors que les organes de contrôle parlementaire renforcent leur surveillance sur les dépenses publiques et les procédures de passation. Pour mémoire, des tensions institutionnelles similaires avaient été signalées lors d’un précédent examen budgétaire à l’Assemblée nationale.

Le dossier retient aussi l’attention des fournisseurs de matériel informatique et des conseils juridiques intervenant dans la commande publique sénégalaise, car toute modification du bailleur ou du montage financier peut affecter les règles applicables au contrat. Une publication spécialisée rappelle que l’évaluation d’un ordinateur peut dépasser les seules performances techniques et intégrer la consommation énergétique, les conditions de fabrication ou la fin de vie du produit, ce qui s’inscrit dans une logique d’achats publics durables.

Aucune recommandation finale ni action judiciaire n’a été annoncée à ce stade, l’enquête parlementaire restant en cours. La prochaine étape attendue est la publication des procès-verbaux, des conclusions de la commission et, le cas échéant, des décisions des autorités judiciaires ou de contrôle compétentes, comme l’indique l’Assemblée nationale du Sénégal.

Aminata Diop Rédactrice Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Aminata Diop

Aminata Diop est rédactrice à Afrique-Asie. Elle couvre principalement les relations internationales, la diplomatie et les questions de sécurité, avec une attention particulière portée aux développements politiques en Afrique.