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Le projet de loi de finances rectificative rejeté en commission à l’Assemblée nationale du Sénégal

Le projet de loi de finances rectificative rejeté en commission à l’Assemblée nationale du Sénégal Afrique-Asie © afrique-asie.com
Le projet de loi de finances rectificative rejeté en commission à l’Assemblée nationale du Sénégal © afrique-asie.com
La commission de l’Assemblée nationale du Sénégal a rejeté le projet de loi de finances rectificative pour 2026, après des réserves exprimées par le groupe parlementaire Pastef.

Lors de l’examen en commission à l’Assemblée nationale du Sénégal, le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2026 n’a pas obtenu l’aval des députés. Les 22 et 23 octobre 2026, la Commission des finances et du contrôle budgétaire a mené deux journées de travaux marquées par des échanges tendus entre les groupes parlementaires. PASTEF-Les Patriotes a voté contre la version soumise, tandis que Takku Wallu Sénégal a choisi l’abstention.

Les points de friction concernaient les arbitrages budgétaires, les choix de financement et le contrôle accordé au Parlement. PASTEF a refusé « d’adopter en l’état » le PLFR, tout en se disant prêt à poursuivre le dialogue avec le gouvernement avant la séance plénière. Initialement prévue le 23 octobre, cette séance a été reportée au mardi 27 octobre 2026 à 10 heures, selon le calendrier transmis par l’Assemblée nationale.

PASTEF a posé plusieurs conditions, dont la transparence sur une enveloppe de 120 milliards de francs CFA liée au CERP et la suppression de 19 entités parapubliques. Cette mesure, selon le groupe, permettrait d’économiser au moins 55 milliards de francs CFA sur trois ans. Ces données, issues du communiqué parlementaire et relayées par la presse nationale, traduisent une volonté d’exiger plus de rigueur et de clarté dans la gestion des finances publiques.

Les réserves de PASTEF dépassaient la question des fonds spéciaux. Le groupe a insisté sur la préservation des investissements publics et sociaux, la protection des budgets de la santé, de l’éducation et de l’hydraulique, ainsi que sur la nécessité de clarifier la situation de la dette. Il a demandé que les coupes budgétaires visent d’abord les dépenses jugées non essentielles. PASTEF a aussi réclamé la transmission de rapports d’audit de l’Inspection générale des finances et du cabinet Forvis Mazars, ainsi que des explications sur les déficits prévus pour 2026 et 2027.

Le vote en commission ne scelle pas le sort du PLFR, la procédure parlementaire sénégalaise distinguant ce stade de l’adoption finale en séance plénière. Le texte reste donc susceptible d’être débattu, amendé ou soumis au vote lors de la plénière du 27 octobre. Takku Wallu Sénégal, qui s’est abstenu en commission, entend maintenir cette position. Le groupe conteste certaines prévisions budgétaires révisées, sans pour autant rejoindre le vote négatif de PASTEF.

Ce blocage entre la majorité parlementaire PASTEF et l’exécutif laisse la porte ouverte à un compromis politique ou à une version modifiée du texte avant le vote final. Aucune réaction de marché ni décision réglementaire immédiate n’a été enregistrée après ce rejet en commission. Les prochaines étapes dépendront des discussions entre le gouvernement et les groupes parlementaires, ainsi que du contenu des amendements qui pourraient être intégrés avant la séance plénière.

Les informations officielles sur la structure complète du PLFR 2026, incluant le montant total, la ventilation des crédits et le détail des recettes et dépenses, relèvent de l’Assemblée nationale et du ministère des Finances et du Budget du Sénégal. Les débats en cours illustrent l’importance du contrôle parlementaire sur les finances publiques et la volonté des députés d’obtenir des garanties sur la sincérité et la transparence budgétaires.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.