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La douane nigériane saisit 38700 litres d’essence destinés au Cameroun

La douane nigériane saisit 38700 litres d’essence destinés au Cameroun Afrique-Asie © afrique-asie.com
La douane nigériane saisit 38700 litres d’essence destinés au Cameroun © afrique-asie.com
La douane du Nigeria a intercepté 1 548 jerricans de carburant à la frontière avec le Cameroun, pointant l’écart de prix comme moteur du trafic transfrontalier.

Le 21 octobre 2026, le Nigeria Customs Service a signalé la saisie de 38 700 litres de Premium Motor Spirit (PMS) dans l’État d’Adamawa, lors d’une opération de lutte contre la contrebande menée sur plusieurs axes frontaliers. Cette quantité représente 1 548 jerricans de 25 litres chacun, transportés dans un véhicule également confisqué. Les autorités douanières estiment la valeur totale du carburant et du véhicule saisis à 63 115 000 nairas.

L’opération, menée sur six semaines, a visé les principaux corridors de contrebande reliant les zones intérieures d’Adamawa aux frontières avec le Cameroun, notamment les routes Malabu–Belel, Girei–Wuro Bokki, Gurin–Fufore, Wuro Alhaji–Maiha et Mubi–Sahuda. Le coordinateur national de l’opération Whirlwind, le contrôleur adjoint Abubakar Aliyu Lucky, précise que ces actions s’appuient sur le renseignement pour contrer le « mouvement illégal de produits pétroliers à travers les frontières du Nigeria ».

Un différentiel de prix qui encourage la contrebande

Le Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA), par la voix de son représentant dans l’État d’Adamawa, le Dr Bashir Sirajo, relie la recrudescence de la contrebande à l’écart de prix entre le Nigeria et ses voisins. Ce différentiel crée un incitatif fort pour les trafiquants, qui profitent de la possibilité de revendre le carburant nigérian à un tarif supérieur de l’autre côté de la frontière. Selon le NMDPRA, cette dynamique réduit l’offre disponible pour les populations locales et peut provoquer une pénurie artificielle dans les communautés frontalières.

La multiplication de ces saisies intervient alors que le Nigeria traverse des tensions économiques. Le 29 mai 2023, le président Bola Ahmed Tinubu a annoncé la suppression de la subvention sur l’essence lors de son discours d’investiture. Cette décision a entraîné une hausse du prix officiel du litre de PMS, passé d’environ 190 nairas à 540 nairas, soit près du triple. La Nigerian National Petroleum Company (NNPC) justifie cette augmentation par la nécessité de s’aligner sur les réalités du marché, précisant que les prix seraient désormais sujets à des fluctuations selon la conjoncture. Cette mesure, destinée à alléger la charge budgétaire de l’État, a eu pour effet d’augmenter les coûts de transport et le prix des produits de première nécessité, impactant directement les ménages et les petites entreprises.

Renforcement des opérations douanières

Le Nigeria Customs Service indique que la saisie d’Adamawa résulte d’un contrôle renforcé sur plusieurs semaines, et non d’une simple interception ponctuelle. L’opération Whirlwind, créée pour lutter contre la sortie illégale de produits pétroliers, se poursuit sur les axes identifiés. Les autorités insistent sur la nécessité de protéger l’approvisionnement national et de limiter les pertes fiscales liées à la contrebande. Le carburant saisi sera vendu aux enchères publiques, conformément aux dispositions du Nigeria Customs Act 2023, et les recettes seront versées au Federation Account.

Aucune information n’a été communiquée sur d’éventuelles arrestations ou poursuites judiciaires à ce stade. Les autorités nigérianes réaffirment leur détermination à poursuivre les opérations de contrôle et à démanteler les réseaux organisés, qui exploitent la différence de prix pour détourner des volumes importants de carburant vers les marchés frontaliers.

Pour approfondir le contexte économique et réglementaire, on peut consulter l’analyse de l’AFP sur la hausse des prix du carburant au Nigeria ou le dossier de The Preview Media sur les conséquences de la fin des subventions.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est cofondateur d’Afrique-Asie. Il suit principalement l’économie, l’investissement et les infrastructures, avec une attention particulière portée aux entreprises, au commerce et aux transformations industrielles en Afrique.