Le 22 octobre 2026 à Abidjan, le gouvernement ivoirien a signé avec les représentants du secteur halieutique une réduction immédiate de 2 500 FCFA sur le prix du carton de 20 kilos de chinchard et de maquereau. Le tarif passe de 33 000 à 30 500 FCFA, selon l’accord conclu lors d’une réunion présidée par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté. Cette baisse correspond à une diminution nominale d’environ 7,6 % sur le prix de référence, soit un passage de 1 650 à 1 525 FCFA le kilogramme avant marges de distribution, d’après les données relayées par l’Agence Ivoirienne de Presse et les comptes rendus de KOACI et AllAfrica.
Cette décision fait suite à plusieurs jours de tensions sur les marchés du poisson surgelé, avec des protestations dans différentes villes du pays. Dès le 19 octobre 2026, la presse ivoirienne signalait des crispations sur les prix. Le 20 octobre, des commerçantes du grand marché d’Abobo exprimaient leur mécontentement face à la hausse des tarifs. Le 21 octobre, à Daloa, les vendeuses de poisson congelé annonçaient la suspension de leurs activités jusqu’au lundi suivant, malgré l’appel au calme du préfet de région, Yacouba Doumbia. Selon Lago Liliane, présidente du mouvement des vendeuses de Daloa, le prix du carton d’Apolo était passé de 19 000 à 35 000 FCFA et celui du Sosso de 18 000 à 46 000 FCFA, montrant que la crise ne se limitait pas au chinchard et au maquereau mais touchait aussi d’autres espèces très consommées.
Les discussions du 22 octobre ont rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière — importateurs, grossistes, demi-grossistes, détaillants et représentants des consommateurs — sous l’égide du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. L’accord trouvé s’affiche comme une mesure transitoire, sans nouveau barème légal permanent. Aucune publication réglementaire officielle n’impose juridiquement le prix de 30 500 FCFA ; la portée du dispositif dépend donc du respect de l’engagement par les opérateurs privés et du mécanisme de suivi annoncé.
Un dispositif de suivi pour garantir l’application
Pour vérifier que la baisse soit bien répercutée jusqu’au consommateur final, une commission de suivi a été annoncée. Le ministre Kalil Konaté a aussi évoqué la création prochaine d’un observatoire chargé d’analyser la formation des prix et des marges dans la filière. À l’issue de la réunion, les acteurs du secteur ont appelé à la reprise des activités, suspendues dans certaines localités depuis les mobilisations. Des discussions complémentaires sont prévues pour examiner les prix d’autres espèces de poisson, qui n’ont pas encore bénéficié de mesures similaires.
Le compromis du 22 octobre apporte un apaisement négocié à court terme, mais son impact réel dépendra de son application effective sur les marchés locaux et de l’évolution des prix des autres produits halieutiques. Le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par Laurent Gbagbo, a jugé la baisse insuffisante et a appelé à des réformes structurelles, notamment le consolidation de la production nationale de poisson, estimant que la réduction ne répond que partiellement aux difficultés des consommateurs.
Ce type d’ajustement sur les produits de base s’inscrit dans une dynamique plus large de régulation des marchés alimentaires en Afrique de l’Ouest, comme l’illustre aussi un précédent dossier sur les stratégies d’innovation et d’accompagnement des filières au Cameroun.