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Des intellectuels algériens dénoncent les violences et défendent la lutte contre le terrorisme

Des intellectuels algériens dénoncent les violences et défendent la lutte contre le terrorisme Afrique-Asie © afrique-asie.com
Des intellectuels algériens dénoncent les violences et défendent la lutte contre le terrorisme © afrique-asie.com
Un collectif d’intellectuels algériens condamne les discours de confusion sur la crise et affirme son soutien à l’action de l’État contre le terrorisme.

Alors que les violences persistent en Algérie, un groupe d’intellectuels du pays a lancé un appel pour dénoncer les discours qui, selon eux, brouillent la compréhension du conflit et la responsabilité des parties en cause. Cette prise de position intervient à l’occasion de l’anniversaire du 1er novembre, date marquante de la libération nationale.

Le conflit armé des années 1990 en Algérie, souvent appelé « décennie noire », a éclaté après l’arrêt du processus parlementaire consécutif à la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) au début de la décennie. Cette rupture politique a provoqué une montée de la violence entre l’État et plusieurs groupes islamistes armés, entraînant le pays dans une période de violences extrêmes, principalement de 1991 à 1999, même si des attaques ont continué après cette période. D’après des estimations relayées par Actu.fr et Ahram Online, le nombre de victimes de ce conflit se situe entre 100 000 et 200 000 morts, la plupart des sources récentes retenant environ 150 000 victimes. L’absence de registre officiel unique et les débats sur la responsabilité des différents acteurs expliquent ces variations dans les chiffres.

Les signataires, qui se présentent comme acteurs de la culture et des sciences, affirment leur engagement envers l’Algérie et la sécurité de ses citoyens dans une société ouverte. Ils rejettent les appels lancés depuis Paris par certains intellectuels européens ou algériens, qu’ils accusent de semer le doute sur la réalité des violences subies par la population depuis une décennie.

Position sur la violence et la responsabilité

Dans leur texte, ces intellectuels attribuent la situation à une minorité d’Algériens engagés dans une logique meurtrière, qu’ils relient à une dérive millénariste de la transcendance islamique. Ils dénoncent les attentats et massacres collectifs visant à terroriser la population, tout en refusant l’idée d’une équivalence entre la violence terroriste et la réponse de l’État. Selon eux, une différence essentielle existe entre la « violence terroriste infra-humaine » et la légitime défense exercée par les institutions républicaines.

Le conflit a impliqué plusieurs acteurs, dont les forces de sécurité de l’État, des groupes armés islamistes comme le Groupe islamique armé (GIA) et l’Armée islamique du salut (AIS), ainsi que d’autres formations armées. Les débats publics et historiographiques ont souvent porté sur la responsabilité respective de ces groupes dans les massacres, disparitions, actes de torture ou attaques contre les civils. Les publications indépendantes rappellent que présenter le conflit comme une simple lutte de l’État contre le terrorisme ne rend pas compte de la complexité des responsabilités et des souffrances vécues par la société algérienne.

Le collectif critique aussi ce qu’il nomme une « imposture » visant à inverser les rôles entre bourreaux et victimes, et s’oppose à la thèse, jugée infondée, selon laquelle l’Armée nationale populaire (ANP) serait responsable de massacres collectifs. Ils qualifient cette accusation de « Timisoara intellectuel » et estiment qu’elle vise à priver la société et l’État algériens de leur victoire sur le terrorisme.

Soutien à l’État et appel à la solidarité internationale

Les auteurs saluent la résistance de la population algérienne, estimée à trente millions de personnes selon leur texte, qui aurait permis de faire reculer le terrorisme en refusant de céder à la peur. Ils expriment un soutien sans réserve à l’action des forces armées républicaines et affirment que celles-ci bénéficient de l’appui de la société et de ses intellectuels. Le texte appelle aussi à renforcer le soutien de l’État aux familles des victimes et invite l’opinion internationale à soutenir l’Algérie dans sa lutte contre le terrorisme.

Les conséquences du conflit restent visibles aujourd’hui, l’État poursuivant des opérations contre les groupes armés bien après la fin de la décennie noire. En 2015, le ministère de la Défense a annoncé la neutralisation de 109 membres de groupes armés et l’arrestation de 36 autres, ce qui illustre la persistance de la menace sécuritaire et la continuité de la politique antiterroriste (Ahram Online).

Le conflit a aussi frappé de nombreux religieux, notamment des imams assassinés pour avoir refusé de cautionner la violence, comme le rappellent des initiatives mémorielles et des expositions consacrées aux victimes de cette période (Actu.fr).

Enfin, les signataires affirment leur confiance dans la capacité de la société algérienne à se renouveler grâce à la solidarité et à la créativité de ses citoyens, tout en réaffirmant leur attachement à la souveraineté nationale.

Aminata Diop Rédactrice Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Aminata Diop

Aminata Diop s'intéresse aux relations internationales, en particulier aux événements qui concernent l'Afrique, l'Asie et les pays du Sud global. À Afrique Asie, elle suit l'actualité mondiale, les crises politiques et le rôle des organisations internationales.