Les relations judiciaires entre le Sénégal et la Guinée-Bissau évoluent dans un contexte de modernisation des institutions et de montée en compétences administratives. En octobre 2026, le ministère sénégalais de la Justice, sous la direction de Moussa Sarr, s’est concentré sur le dialogue institutionnel et l’amélioration du climat social dans la justice nationale. Le 19 octobre 2026, une conférence de presse gouvernementale s’est tenue à Dakar, rassemblant neuf ministres, dont Moussa Sarr, au Building administratif Président Mamadou Dia. Cette réunion a permis de faire le point sur l’application du protocole d’accord signé le 7 août 2025 entre l’État du Sénégal et les syndicats des travailleurs de la justice, notamment le SYTJUST et l’UNTJ.
Les chiffres transmis par le ministère de la Justice et relayés par l’Agence de presse sénégalaise indiquent qu’environ 90 % des engagements du protocole avaient été réalisés à cette date. Le point principal restant portait sur la reclassification des agents dans le nouveau corps A2 et l’ajustement des parcours de carrière jusqu’en 2026. Moussa Sarr a précisé que la majorité des revendications sociales avait trouvé une solution, ce qui montre la volonté du gouvernement de stabiliser le secteur judiciaire et de maintenir un dialogue social durable (données APS).
Dialogue institutionnel et enjeux régionaux
En parallèle à ces avancées internes, le ministère de la Justice du Sénégal a instauré, par décret du 1er octobre 2026, un dialogue annuel avec les organisations de la société civile, centré sur la promotion des droits humains et la bonne gouvernance. La première édition, organisée le 21 octobre à Dakar, vise à renforcer la transparence et la participation citoyenne dans la gestion de la justice (West African Voice Network).
Sur le plan régional, Moussa Sarr a participé à la 89e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, ouverte le 12 octobre 2026 à Dakar. Il a insisté sur la nécessité de passer des textes à l’action concrète, en mettant l’accent sur l’indépendance de la justice et la protection de l’espace civique. Le Sénégal a réaffirmé son engagement à appliquer les recommandations des mécanismes africains de protection des droits fondamentaux.
La coopération judiciaire avec la Guinée-Bissau s’inscrit dans cette dynamique de renforcement institutionnel et d’intégration régionale. Les autorités sénégalaises mettent en avant la modernisation des accords existants et la volonté de soutenir la formation des magistrats, notamment via l’accès au Centre de formation judiciaire de Dakar et le partage d’expertise en matière de lutte contre la criminalité financière. La coordination administrative sur les questions transfrontalières reste un enjeu central pour faciliter les échanges légaux et renforcer la sécurité dans la sous-région.
Le ministère de la Justice du Sénégal poursuit ainsi une stratégie axée sur le dialogue social, la coopération régionale et la modernisation des outils institutionnels, en cohérence avec les priorités définies lors des récentes rencontres nationales et internationales.