Avec près de 9 milliards de dollars mobilisés à travers le continent, Africa50 s’impose comme un acteur central du financement des infrastructures en Afrique. Son modèle, axé sur l’accompagnement des projets dès la phase de développement jusqu’à leur bancabilité, trouve un terrain d’application privilégié au Sénégal et dans le bassin MSGBC, où les besoins en énergie et en infrastructures progressent rapidement. Selon la Banque africaine de développement, le déficit d’investissement dans les infrastructures africaines se situe entre 68 et 108 milliards de dollars par an, ce qui donne à l’action d’Africa50 un poids stratégique pour la région.
Le prochain sommet MSGBC Oil, Gas & Power 2026, prévu à Dakar du 1er au 3 décembre, accueillera Nabil Saimi, directeur principal des investissements pour le Project Development Fund d’Africa50. Sa venue marque l’intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour les projets énergétiques et gaziers de la région. Africa50, créé par la Banque africaine de développement et des gouvernements africains, compte aujourd’hui 33 États actionnaires, dont le Sénégal, la Mauritanie et la Gambie. Le fonds vise à catalyser les investissements privés et publics dans des projets structurants, en particulier dans les secteurs de l’énergie, du transport et des technologies de l’information.
Des investissements structurants pour le secteur énergétique sénégalais
Le Sénégal occupe une place centrale dans la stratégie d’Africa50. En 2017, lors de l’assemblée des actionnaires à Dakar, Africa50 a signé un accord avec Senelec pour développer la centrale électrique à cycle combiné de Malicounda, d’une capacité de 120 MW. Ce projet, d’un montant de 154 millions d’euros, est entré en service commercial en août 2022, augmentant de 8 % la capacité de production nationale et étant conçu pour fonctionner à terme au gaz domestique. Selon le ministère sénégalais du Pétrole et des Énergies, cette centrale contribue de façon significative à la sécurisation de l’approvisionnement électrique du pays et à la réduction du coût de production de l’électricité.
En avril 2026, une délégation d’Africa50 a rencontré le président Bassirou Diomaye Faye à Dakar pour réaffirmer son aide aux priorités de développement du pays. L’organisation poursuit aussi son expansion continentale, avec des partenariats annoncés en 2026 en Tanzanie dans le secteur du GNL et du transport d’électricité, et un engagement de 20 millions de dollars de British International Investment dans son Infrastructure Acceleration Fund, portant le total des engagements à environ 330 millions de dollars. D’après les données officielles de la Banque africaine de développement, ces fonds visent à accélérer la réalisation de projets d’infrastructures critiques pour l’Afrique subsaharienne.
Une dynamique régionale et continentale
La région MSGBC, qui regroupe la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée-Conakry, voit émerger une nouvelle génération de projets gaziers et électriques. Les investissements d’Africa50, notamment via le Project Development Fund et le fonds AGIA-PD, soutenu par des partenaires italiens et français, visent à accélérer la préparation de projets d’envergure supérieure à 100 millions de dollars dans les secteurs de l’énergie, du transport, du gaz et des technologies de l’information. Le fonds AGIA-PD bénéficie du aide de l’Agence française de développement et de la Cassa Depositi e Prestiti italienne, deux institutions publiques majeures dans le financement du développement international.
L’édition 2026 du sommet MSGBC Oil, Gas & Power, organisée par Energy Capital & Power sous le haut patronage du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, réunira chefs d’État, ministres, investisseurs et opérateurs régionaux. Les participants pourront étudier les possibilités offertes par la changement du secteur énergétique et l’afflux de capitaux internationaux, alors que la région s’affirme comme un pôle stratégique pour les infrastructures énergétiques africaines. Plus d’informations sont disponibles sur www.MSGBCOilGasAndPower.com et sur le site de la Banque africaine de développement.