Le 17 octobre 2026, Macky Sall, ancien président du Sénégal, a mis fin à sa campagne pour le poste de secrétaire général de l’ONU. Il a publié sa décision sur sa page Facebook officielle, au lendemain du sixième vote informel du Conseil de sécurité, tenu le 16 octobre. Selon les chiffres relayés par l’Agence de presse sénégalaise et confirmés par TV5Monde, Macky Sall a recueilli cinq voix favorables et dix défavorables sur quinze. Parmi les votes négatifs, trois venaient de membres permanents du Conseil de sécurité disposant du droit de veto, ce qui rendait sa recommandation à l’Assemblée générale inatteignable, comme l’indique Reuters.
Devant ce constat, Macky Sall a sollicité l’avis du président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et de Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal et président en exercice de la CEDEAO, avant d’officialiser son retrait. Dans sa déclaration, il a affirmé vouloir favoriser l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité, précisant que son retrait devait permettre de rassembler un soutien plus large autour d’un autre profil.
Pressions diplomatiques et divisions africaines
Le départ de Macky Sall intervient alors que l’Union africaine débat de la stratégie à adopter pour soutenir une candidature africaine unique. Le Nigeria a remis en cause la procédure d’endossement collectif, invoquant la pratique informelle de rotation régionale qui, selon certains diplomates, pourrait cette fois profiter à un candidat d’Amérique latine ou des Caraïbes, ou à une femme. Cette position a freiné la dynamique autour de Macky Sall, malgré son expérience d’ancien chef d’État et de président de l’Union africaine. Il n’existe toutefois aucune règle juridique à l’ONU imposant la rotation régionale ou la désignation d’une femme, comme le rappellent plusieurs observateurs cités par RFI.
Un scrutin informel révélateur
Le vote informel du 16 octobre, organisé à huis clos, visait à mesurer la viabilité politique des candidats avant toute décision officielle. Tous les candidats encore en lice ont essuyé au moins deux votes négatifs de la part des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni), ce qui n’a permis de dégager aucun favori incontestable. Lors de ce scrutin, la Costaricaine Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, a obtenu neuf voix favorables, se plaçant en tête, mais sans réunir l’unanimité requise. Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, figurait aussi parmi les sept candidats restants, aux côtés d’Ivonne A-Baki et Maria Fernanda Espinosa (Équateur), Olara Otunnu (Ouganda) et Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana). Macky Sall a été le premier à se retirer publiquement après ce tour décisif.
Les bulletins négatifs des membres permanents ne valent pas veto formel, mais ils bloquent de fait la recommandation d’un candidat à ce stade, comme l’a précisé RFI. L’absence de consensus a ouvert la voie à d’autres retraits ou à l’arrivée de nouvelles candidatures, selon l’analyse de Reuters.
Vers une succession sous tension à l’ONU
Le retrait de Macky Sall laisse Olara Otunnu, originaire d’Ouganda, comme seul candidat africain publiquement identifié dans la course à la succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre. Le Conseil de sécurité doit poursuivre ses consultations et organiser de nouveaux votes informels avant de pouvoir recommander un candidat unique à l’Assemblée générale. Même la candidature de Rebeca Grynspan, en tête du dernier scrutin, reste incertaine tant que des avis défavorables persistent parmi les membres permanents.
Ce processus met en avant la complexité des équilibres diplomatiques à l’ONU et la difficulté pour l’Afrique de faire émerger une candidature fédératrice dans un contexte de rivalités régionales et de critères non écrits. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’issue de cette succession, alors que la gouvernance mondiale reste sous tension.