Le Sénégal avance dans sa stratégie de transformation numérique avec l’installation du comité GouVNum, chargé de coordonner les initiatives publiques dans ce secteur. Les autorités visent à porter la part du numérique à 15 % du produit intérieur brut et à créer 150 000 emplois directs d’ici 2034. Ces objectifs s’inscrivent dans le « New Deal Technologique » et le programme national « Sénégal 2050 », selon la Direction générale du Trésor.
Le comité GouVNum a été lancé officiellement le 16 octobre 2026 sous l’autorité du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Il rassemble des représentants des ministères sectoriels et des entités publiques, avec un secrétariat permanent confié au ministère des Télécommunications et de l’Économie numérique. Les missions annoncées de cette instance couvrent la coordination des projets numériques de l’État, la gestion des ressources budgétaires et techniques, ainsi que le renforcement de la sécurité des systèmes d’information.
Un levier pour la stratégie « New Deal Technologique »
La création de GouVNum s’inscrit dans le « New Deal Technologique », pilier du programme national de transformation « Sénégal 2050 ». Les priorités affichées incluent la numérisation de 90 % des procédures administratives, la couverture numérique de 90 % du territoire et l’attribution d’une identité numérique à 90 % des citoyens d’ici 2034. Le gouvernement présente ces objectifs comme stratégiques, sans publication de valeurs de référence ou de méthode de calcul annuelle.
Le comité doit aligner les actions des agences publiques sur ces cibles, en favorisant une utilisation cohérente des ressources et une coordination institutionnelle renforcée. GouVNum pilote aussi des projets structurants déjà annoncés, comme le portail unique e-Sénégal, l’interconnexion des systèmes d’information publics et la dématérialisation de la correspondance administrative. Cette démarche suit la logique « d’abord simplifier, puis dématérialiser » défendue par l’administration sénégalaise, pour éviter que la digitalisation ne reproduise les anciens blocages bureaucratiques, comme l’a souligné un responsable cité par Le Soleil.
Enjeux de souveraineté et de cybersécurité
Le renforcement de la sécurité des systèmes d’information figure parmi les missions prioritaires de GouVNum. Selon le ministère des Télécommunications, jusqu’à 20 % des données publiques sénégalaises étaient encore hébergées à l’étranger en octobre 2026, ce qui soulève la question de la souveraineté numérique et de la dépendance à des infrastructures étrangères. Ce contexte a mené à des discussions avec des partenaires technologiques, notamment Groupe Univers Telecom, autour de la cybersécurité, des services cloud et de la connectivité, comme l’a rapporté Tech Review Africa.
La transformation numérique du Sénégal s’appuie aussi sur des partenariats internationaux et privés. Un accord de coopération a été signé le 6 octobre 2026 à Dakar entre Blue Cloud Softech et des partenaires sénégalais pour soutenir le développement d’infrastructures numériques, l’innovation et des projets comme Senegal Digital Factory, Data and AI Factory, AI Scaling Hub et Startup Ecosystem. Ce partenariat prévoit la création d’un comité de travail commun chargé d’élaborer des plans annuels et de suivre les avancées, illustrant l’ouverture du « New Deal Technologique » à l’écosystème privé et à l’innovation collaborative.
La réforme de la fonction publique, prévue pour la période 2025-2029, accompagne cette dynamique en intégrant la digitalisation des procédures, la modernisation du cadre juridique, la planification des besoins en compétences et la refonte des systèmes d’évaluation et de rémunération. L’ensemble de ces mesures vise à bâtir un service public plus moderne, performant et centré sur l’usager, dans la continuité des orientations fixées par le gouvernement sénégalais et relayées par la Direction générale du Trésor.