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Dialogue économique États-Unis Cameroun sept milliards de dollars d’opportunités présentés à Yaoundé

Dialogue économique États-Unis Cameroun sept milliards de dollars d’opportunités présentés à Yaoundé Afrique-Asie © afrique-asie.com
Dialogue économique États-Unis Cameroun sept milliards de dollars d’opportunités présentés à Yaoundé © afrique-asie.com
Lors du Cameroon International Tech Summit, le gouvernement camerounais et l’ambassade américaine ont mis en avant onze projets portés par neuf entreprises américaines, pour un montant total d’environ sept milliards de dollars dans l’énergie, les infrastructures, la logistique et le numérique.

Le Cameroon International Tech Summit (CITS) a rassemblé du 15 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé des acteurs publics, privés et internationaux autour du thème « The Bold Agenda ». Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun, a présidé la cérémonie d’ouverture, entourée de représentants gouvernementaux, d’entreprises technologiques, de start-up, d’universités et d’organisations internationales. Organisé par Mountain Hub avec le soutien du PNUD et de la GIZ, l’événement s’est voulu une plateforme pour stimuler l’innovation, l’entrepreneuriat et les talents de la jeunesse camerounaise, dépassant le cadre d’un forum d’investissement, comme l’a précisé le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Onze opportunités d’affaires, évaluées à près de sept milliards de dollars (environ 4 000 milliards de francs CFA) et issues de neuf entreprises américaines, ont été présentées lors du sommet. Cette annonce prolonge le premier Dialogue économique et commercial bilatéral entre les États-Unis et le Cameroun, tenu le 27 août 2026 à Yaoundé. Selon Business in Cameroon, ce portefeuille regroupe des projets dans l’énergie, les infrastructures de transport, la logistique, les technologies, l’exploitation minière et le secteur forestier, à différents stades d’avancement. Il s’agit d’un ensemble d’opportunités commerciales et d’investissement en cours d’étude ou de négociation, et non d’un contrat unique déjà signé.

Partenariats et priorités sectorielles

Parmi les projets avancés, une étude de faisabilité pour un nouvel aéroport dans l’agglomération de Douala, portée par A. Epstein and Sons International et son partenaire financier ITF, vise un montant estimé à 2 milliards de dollars. Trois complexes théâtraux modernes à Yaoundé, Douala et Bamenda, pour une valeur totale de 230 millions de dollars, sont aussi à l’étude. L’ensemble de ces projets représente à ce stade une enveloppe de 2,23 milliards de dollars, soit environ 1 300 milliards de francs CFA, en phase de validation des business plans et de développement technique.

Le sommet s’appuie sur une mobilisation nationale menée par Mountain Hub, qui a permis de former 1 008 jeunes innovateurs lors d’un roadshow dans les dix régions du Cameroun. À l’issue de cette sélection, 50 équipes, soit 150 fondateurs, ont été retenues pour participer à un bootcamp national et aux activités du CITS à Yaoundé. Ces chiffres, validés par le PNUD, illustrent l’ampleur du dispositif d’accompagnement et la volonté de couvrir l’ensemble du territoire pour soutenir l’innovation camerounaise.

Les échanges ont abordé l’e-gouvernement, la fintech, l’intelligence artificielle avancée, les technologies spatiales et la cybersécurité. Les outils américains dans le cloud, les paiements numériques et l’IA sont mis en avant pour moderniser l’administration, élargir l’accès aux services financiers et renforcer la résilience agricole. Les entreprises américaines impliquées se sont engagées à former des talents locaux et à investir sur le long terme, dans une logique de partenariat « d’égal à égal » soutenue par la diplomatie américaine.

Enjeux institutionnels et environnement des affaires

Le CITS 2026 a aussi permis de réunir pouvoirs publics, investisseurs, chercheurs, entrepreneurs et partenaires du développement autour de la transformation numérique du Cameroun. L’UNESCO a salué la capacité du sommet à encourager l’échange d’idées, la présentation de solutions innovantes et la création de nouveaux partenariats entre secteurs public et privé. Le gouvernement camerounais a réaffirmé son engagement à améliorer l’environnement des affaires, notamment à travers la Stratégie nationale de développement 2020–2030, qui vise l’émergence du pays à l’horizon 2035.

La veille du Dialogue bilatéral, le 26 août 2026, un forum sur le climat des affaires organisé par l’ambassade des États-Unis et la Chambre de commerce américaine au Cameroun a mis en avant les principaux obstacles à l’investissement : accès aux devises étrangères, financement, infrastructures et prévisibilité réglementaire. Ces défis soulignent la nécessité d’une préparation approfondie des projets, incluant études de faisabilité et validation des business plans, avant tout engagement financier concret.

Suivi institutionnel et prochaines étapes

Un dispositif de suivi a été instauré avec des groupes de travail conjoints chargés de veiller à la concrétisation des engagements pris lors du Dialogue bilatéral. Une nouvelle réunion est prévue à Washington l’année suivante pour évaluer les avancées. Par ailleurs, le Policy Forum du sommet doit examiner le projet de Startup Act, dans la perspective d’améliorer le cadre réglementaire pour les jeunes entreprises technologiques au Cameroun.

À ce stade, selon le PNUD et l’UNESCO, le principal résultat immédiat du CITS 2026 réside dans la création d’un réseau de contacts, la formation et la sélection d’équipes innovantes, sans qu’il soit encore possible de chiffrer des investissements effectifs, des créations d’emplois ou des retombées fiscales directes. Le sommet s’impose comme une plateforme de dialogue, d’apprentissage et de construction de partenariats pour transformer le potentiel numérique du Cameroun en opportunités concrètes pour la jeunesse et le développement.

Patrick Mbarga Cofondateur Afrique-Asie
Rédaction Afrique Asie

Patrick Mbarga

Patrick Mbarga est associé au projet Afrique Asie en qualité de cofondateur. Son profil éditorial porte sur le développement des économies africaines, les relations commerciales avec l'Asie et les enjeux liés aux investissements, à l'activité des entreprises et aux politiques économiques des pays du Sud global.